Drague Gay : Avant, y avait la vraie vie !

Certains vont penser : « Ahhhh, mais j’ai affaire au Stéphane Bern de l’histoire des pénis » Oui, je sais, c’est un peu tautologique. Il est vrai que bien avant Grindr, bien avant internet, bien avant le Minitel même, il y avait la vraie vie !

DĂ©jĂ , les gays sont une vĂ©ritable minoritĂ© en soit et si en plus on aime les hommes noirs par exemple, lĂ  on peut dire que c’est mal barrĂ© pour nous. Si on en juge par des Ă©tudes sĂ©rieuses menĂ©es aux Etats-Unis, trouver l’âme sĹ“ur est Ă  la base une sacrĂ©e galère : Regardons les chiffres: 14% de la population amĂ©ricaine s’identifie comme afro-amĂ©ricaine noire ou multiraciale, 4% s’identifient comme bisexuels, 2,2% des hommes s’identifient comme homosexuels et 4,6% des hommes et des femmes noirs s’identifient comme LGBTQ + . Les Afro-AmĂ©ricains et la communautĂ© LGBTQ + sont tous deux des populations minoritaires aux États-Unis. Si vous parlez spĂ©cifiquement des hommes noirs gais, c’est encore plus un groupe minoritaire. Wikipedia lien pour en savoir plus

Des Ă©tudes montrent que ces chiffres augmentent, mais, jusqu’Ă  ce que nous voyions une augmentation spectaculaire, sortir avec des cĂ©libataires noirs homosexuels, c’est toujours comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Les applications et les sites de rencontre noirs (Gay Black) peuvent aider les cĂ©libataires homosexuels Ă  trouver quelqu’un qui correspond Ă  leur style de vie, mais il vous faudra beaucoup de volontĂ© et de patience…

Alors comment se rencontraient les homosexuels dans la vraie vie ?

Et bien dans les bars, bien sûr, clandestins parfois, des événements comme des bals et puis les lieux en plein air !

Imagine : il fallait sortir de chez soi pour aller non pas en Ăśber ni en calèche mais en voiture faire des dizaines de kilomètres, retrouver un endroit qu’on aurait vu une fois, ou, dont on aurait entendu parler sous le manteau de zibeline et dont on n’est mĂŞme pas sĂ»r qu’il se trouve bien lĂ , et puis… Et puis ? Éventuellement rencontrer quelqu’un qui aurait eu le mĂŞme courage mĂŞme s’il ne plait pas forcĂ©ment mais bon…

A Paris, forcément ça a toujours été un peu plus facile : depuis le 18è siècle en effet, les jardins des Tuileries ont toujours été un haut lieu de drague gay, et aussi ,pendant longtemps, de la prostitution homosexuelle.

Les jardins des Tuileries

Alors mettons nos chaussures de foot Ă  talons et partons Ă  la rencontre des ombres qui hantent les labyrinthes des jardins du Louvre en ayant l’impression d’être Alice au pays des pervers. Ah ça, vous en verrez des lapins pressĂ©s, des gros chats qui fument, et mĂŞme des reines de cĹ“ur. Dis donc, Ă  l’Ă©poque, c’était tellement bondĂ© on se serait cru dans les toilettes d’un concert de Mylène Farmer (lĂ  oĂą tout se passe, comme chacun sait).
Ce qui est génial dans ce genre d’endroit, avec la lumière un peu tamisée, c’est que tout le monde porte l’uniforme de la nuit : il n’y a pas de nationalités, pas de statut social, pas de métier. Juste des langues. C’est « Juste une question de feeling » ..

Ça déambule, ça se frôle, les regards se croisent, les mains cherchent les braguettes. Magiques ? Ca dépend de quel point vue on se place. C’est vraiment la Samaritaine : on peut tout y trouver ! Ou une auberge espagnole, on y amène ce qu’on veut, et on y trouve à peu près tout : des super moments sexuels ou une super discussion philosophique avec les lumières du Louvre en arrière plan, échanger juste un baiser, ou plein d’IST. C’est le la boîte à bonbons de la baise ; On sait jamais sur quel chocolat on va tomber, on espère juste que ce ne sera pas celui qui va nous écœurer. Pour ça, il y a les rats en été qui se faufilent encore plus vite que les petits cochons, et la boue par temps de pluie qui laisse des preuves sur le bas de pantalons.

Et en province ?

Vous pourriez presque faire un copiĂ©/collĂ© de ce que vous venez de lire en occultant le dĂ©cor bien sĂ»r. En province on trouve les mĂŞmes styles de gens (les duchesses sophistiquĂ©es, pleines aux as, assommantes avec leurs « je passe mes vacances Ă  Myconos » y sont heureusement beaucoup moins nombreuses)…

Bon y a aussi ceux qui squattent leur voiture, qui n’en descendent jamais et dont on se demande bien ce qu’ils viennent faire lĂ  ! Souvent mĂŞme ils ont le nez sur leurs Ă©crans de smartphone et … bah justement, ….et ? Rien !

Et puis il y a ceux qui tournent et tournent et tournent et tournent encore et encore Ă  pieds dans les sentiers ( ceux-lĂ  sont les randonneurs ) ou pire en voiture d’un parking Ă  l’autre (je vous raconte pas le budget carburant) pour finir par s’en aller sans avoir rien fait, …

Il y a les piliers, ceux qui squattent adossé à un arbre, un mur, un parapet peu importe et qui restent là coûte que coûte de peur que ce sur quoi ils sont adossés ne supporte pas leur absence et ne finissent par tomber.

La nuit, surtout les nuits sans la clartĂ© de la lune, y a les « lucioles rouges ». Ce sont les fumeurs qu’on repère partout oĂą il fait sombre au moyen des braises de leurs cigarettes. Ceux-lĂ  attirent les autres mais ce n’est pas pour autant qu’ils vous accorderont leurs faveurs.

Moi ? Non pouah !! Je traîne pas sur les lieux de drague

On sera charitables concernant les « Sainte-Nitouches du Grand Couvent de la PiĂ©tĂ© Mondaine » qui claironnent Ă  qui veut l’entendre qu’elles sont sĂ©rieuses, elle !!! Mais oui ma brav’dame, pour rien au monde, elles ne frĂ©quentent ce genre d’endroit car, pour l’AmoOouur de Dieu, elles ne sont pas de celles qui couchent le premier soir.. On y reviendra un peu quand mĂŞme sur ces Sainte-Nitouches

Quoi que beaucoup en disent, il n’y a jamais Ă  avoir honte d’avoir du dĂ©sir et de vouloir l’exprimer. Ni peur des gens : si on y va, d’autres comme nous y vont aussi. La preuve, mĂŞme moi j’y suis allĂ© : bon, difficile d’y croiser beaucoup de Drag Queen en goguette, Ă  moins qu’elles ne soient en civil… Tous ne sont pas non plus forcĂ©ment des bĂŞtes assoiffĂ©es d’orgie. Et puis au hasard d’un Ă©cart dans un fourrĂ©, vous pourriez bien voire la Grande Donneuse de Leçons qui frĂ©quentent les dĂ®ners en ville. Mais si …. vous savez bien … la « Sainte-Nitouche du Grand Couvent de la PiĂ©tĂ© Mondaine » en train de se faire laminer dans tous les sens sans aucun scrupule. Mais et vous ? C’est peut-ĂŞtre, vous-mĂŞme, ce que vous cherchez… Non ?

Comme beaucoup de seniors, j’ai quelques souvenirs de ma jeunesse passée, que la pudeur m’empêche de raconter ici … NONNNN, je déconne. Faites juste attention à vous : prenez vos capotes et/ou ta Prep, pas d’objets de valeur, dites oui si vous avez envie, non si ça ne vous intéresse pas, et puis, envoyez la ronde ! Envoyez l’orchestre !

Attention quand mĂŞme Ă  ne pas vous faire surprendre le pantalon en bas des jambes, lors d’un contrĂ´le de police !