Pour ne pas vivre seul …..

Pour ne pas vivre seul …..

16 décembre 2009 Non Par Rédaction

La vie, pour beaucoup,  est quand mĂŞme une sacrĂ©e salope vous ne trouvez pas ? Qui a dit qu’elle valait la peine d’ĂŞtre vĂ©cue ? Je suis nĂ© en 1957 et depuis que je suis sur terre, je peux dire que ça fait un bail que je me demande ce que je peux bien foutre ici ! ParaĂ®t qu’il existe, quelque part, une grande faucheuse qui passe nous chercher… Bah je ne sais pas ce qu’elle fout mais Ă  mon avis elle m’a oubliĂ© depuis belle burette  d’huile !!! Sans dĂ©conner si vous la croisez un jour, pensez Ă  lui donner mes coordonnĂ©es : il serait temps qu’elle fasse son boulot. Je n’ai pas envie de continuer comme ça encore longtemps.

Mais pourquoi diable est-ce que je tiens ce genre de discours ? Est-ce l’approche de fĂŞtes qui me dĂ©priment ? Que nenni ! Alors est-ce la fatigue de l’automne finissant et l’hiver approchant avec son manque de lumière et tout le toutim ? Que nenni aussi… Bah alors ??? Que m’arrive-t-il alors ?

Rien si ce n’est que je fais un constat de plus qui vient s’ajouter Ă  tous les autres que j’ai dĂ©jĂ  entassĂ©s dans mon sac-Ă -dos. Quel est-il ce constat ?

Et bien il semble que je ne sois plus en phase avec l’humanitĂ© qui m’entoure. OUARRRRFFF !!! L’autr’hèèèè !!! Il nous fait un caca nerveux … Une ch’tite dĂ©prime mon brav’monsieur ? OOoooh mais il va se confectionner un bĂ©do et ça ira mieux pour lui le monsieur…

Bon sĂ©rieusement,, j’ai l’impression d’ĂŞtre d’un autre âge, de vivre dans un autre monde, d’ĂŞtre une sorte d’extra-terrestre au milieu d’une population qui vit avec d’autres valeurs que les miennes. La vie et ses règles dans ce monde ne sont plus celles que j’avais l’habitude de suivre.

Faut que je développe ?

OK.

Aujourd’hui, tout semble ĂŞtre fait pour ne plus Ă  avoir Ă  communiquer autrement que par des moyens technologiques sophistiquĂ©s.

  • Au boulot : on ne se tĂ©lĂ©phone plus, on se mail…
  • En privĂ© c’est pire : on n’essaie mĂŞme plus de se rencontrer autour d’un verre ou d’un cafĂ© (mĂŞme si c’est moi qui l’offre) on se « SMS »… 
  • On se MMS ! Une fois rentrĂ©s chez soi on ne s’appelle plus, on ne reçoit plus ni ne sort d’ailleurs, on se MSN !
  • On se Facebook, tweet, snapchat…

Aux rencontres conviviales et humaines, on leurs prĂ©fère les relations virtuelles associĂ©es Ă  un Ă©cran et un clavier sur lequel on tapote des heures durant des mots tronquĂ©s comme pour dire, j’ai pas de temps Ă  te consacrer pour t’Ă©crire de longs mots, de longues phrases, contente-toi d’un « Tu vi1 kan ? 2min ? » ou d’un Â«Â Je t’M. » Y a pas, « je t’M » est beaucoup plus romantique qu’un « Je t’aime » c’est sĂ»r … Je dois ĂŞtre trop vieux pour ces conneries.

 

De telles conditions ne favorisent pas les rapports humains, les rencontres, la confection d’un tissu social.

C’est ainsi que dans un monde oĂą les communications se sont dĂ©veloppĂ©es au point de savoir en temps rĂ©el  le nombre de morts provoquĂ©s par un attentat de l’autre cĂ´tĂ© de la planète, nous sommes de plus en plus seuls, coincĂ©s entre notre ordinateur, notre tĂ©lĂ©, et l’Ă©cran timbre-poste de notre tĂ©lĂ©phone portable. Et de nous lamenter, tous, chacun devant nos Ă©crans, de la solitude et de son poids : Quelle misère !

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Misère affective tout d’abord. Après avoir mangĂ© un morceau (un truc sans nom bricolĂ© Ă  la va-vite avec ce qu’on a trouvĂ© au fond du frigo) on aura passĂ© un bonne partie de la soirĂ©e Ă  pianoter des futilitĂ©s jusqu’Ă  ce que nos yeux nous rappellent qu’il est temps d’aller se coucher (seul !!!) car, demain, on bosse ! Bilan de la soirĂ©e : rien … du vent …. Et la vie passe ainsi entre futilitĂ©s et relations superficielles…  Les soirĂ©es, les semaines, les mois puis les annĂ©es passent et rien ne vient…

Le pire c’est que beaucoup de gens se sont endormis devant leurs Ă©crans …

Pire, ils aiment ça … au nom d’une pseudo libertĂ© paraĂ®t-il ? Ainsi, personne Ă  qui rendre des comptes… Personne envers qui s’engager… pas de promesse Ă  tenir, pas de responsabilitĂ© Ă  assumer… Juste rentrer,  se caler devant msn avec un plateau TV et ne pas penser Ă  sa vie de merde seul… et dĂ©sĹ“uvrĂ©  …. 

A tous ces Princes Charmants en carton, divas de pacotilles, loosers en puissance, chasseurs invĂ©tĂ©rĂ©s qui n’ont qu’une bite greffĂ©e dans le cerveau, j’ai envie de m’habiller en Blanche-Neige et vous chanter auprès du puit de l’oubli qui va tous vous emporter le jour de leur mort :

Un jour mon prince viendra…
J’lui a-rach’ais les bras !
Ca lui apprendra-aa tout ça……

On n’me fait pas souffriiiiir comme ça ….

Vie de merde ? Mort de rire …

Car que dire de ceux qui, parmi tous ces gens, se plaignent quand mĂŞme de n’avoir personne dans leur vie alors qu’il cherchent depuis si longtemps (trop ?) l’Homme IdĂ©al ? J’allais les oublier ceux-lĂ . Bah tiens justement parlons-en. Attardons-nous sur leurs dĂ©marches dans leurs quĂŞtes de l’Homme IdĂ©al car c’est bien de cela qu’il s’agit… trouver l’Homme IdĂ©al.

Tout d’abord, c’est quoi leur Homme IdĂ©al ?

Posons-leur la question et on se rend vite compte qu’ils vont vous faire un inventaire Ă  la PrĂ©vert de ce qu’est, pour eux, leur Homme IdĂ©al. Limite s’ils ne se baladent pas avec, dans les poches, le catalogue Ikea  afin de choisir leurs mecs comme on choisit un canapĂ© ou une table basse sur les pages glacĂ©es de la brochure.

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Certains rĂŞvent de se trouver dans les rayons de chez Toysrus pour choisir leur mec comme on choisit une poupĂ©e mannequin (pour l’un : un GI Joe, pour l’autre : un Ken, pour celui-lĂ  bah un marine’s…). Tous veulent des mecs bien foutus, musclĂ©s avec pecs et abdos, cul rond, yeux bleus, imberbe et pas un poil sur le torse, etc. … etc. et pas un kg en trop !… et surtout moins de 35 ans !!!! AAAaaalouetteuuu !

Bref, si t’es pas jeune, Star de films d’actions amĂ©ricain ou si t’es pas Mannequin  t’es mis au rebu par des mecs qui, eux-mĂŞmes, pour la plupart, ont oubliĂ© de se regarder dans un miroir.

Et que dire des insultes et autres humiliations subies encore aujourd’hui. Le gars qui pose la première question a 50 ans celui qui rĂ©pond en a 63. 

On a envie de répondre à ce con : « Pour toi comme pour tout le monde sur terre, le temps passe et la mort vient, connard ! »

Quoi de plus lamentable que de se voir méprisé par tout aussi banal que soi ?

Et voilĂ  comment, après des heures de nĂ©gociations sur les rĂ©seaux ou sur msn, et après leur avoir envoyĂ© sur demande une pic de soi, on se voit rĂ©pondre (quand ils rĂ©pondent ces loosers) un laconique et rapide « dsl pas mon genre » ou « dsl, trop vieux » ou « dsl, ça l’fait pas je ch plus jeune » avant un silence radio irrĂ©versible. End of transmission !

Comment peut-on juger quelqu’un sur une simple photo ?

Comment peut-on se faire une idĂ©e prĂ©cise de ce qu’est une personne sur une simple photo envoyĂ©e vite fait sur Internet ? De plus, qui ne sait pas qu’il existe des gens qui ne sont pas photogĂ©niques ? Et quand bien mĂŞme,  comment peut-on juger de l’allure gĂ©nĂ©rale, de la façon dont le corps s’exprime, se meut, de la dĂ©marche, etc. Comment se laisser charmer par l’autre sans une rencontre en 3D, de visu, en rĂ©el ?

Quelle place laisser au feeling si on n’essaie mĂŞme pas de rencontrer les gens pour mieux se laisser sĂ©duire, Et puis quoi ? Si le charme n’opère pas nous sommes tous des adultes, polis ayant un minimum de savoir-vivre non ? Au pire, si on ne se plait pas, on se le dit et basta… Reste alors une amitiĂ© toujours possible. Et si on se plait ? Bingo !! Jackpot ! On est gagnant au loto de l’Amour ! Comment savoir si ça aurait pu marcher si on n’a pas essayĂ© avant ?

Aaah Internet …. Tu es donc capable du meilleur comme du pire ?

Les rĂ©seaux de rencontres sont donc ainsi peuplĂ©s de gens indĂ©cis, parfois mythos, ne recherchant rien d’autres qu’une relation virtuelle façon FaceBook !

Parlons-en de ce rĂ©seau social. Il n’a de social que le nom. Je ris tous les jours de voir la centaine d’amis que j’ai lĂ -dessus dont, pour la plupart, je ne connais que le nom, pour les autres juste un pseudo, que je ne contacte jamais et dont la rĂ©ciproque est vraie, qui n’a rien Ă  me dire de spĂ©cial sauf de m’envoyer des applications Ă  la con (apĂ©ro (pour moi, l’apĂ©ro se prend en rĂ©el autour d’une table !), boule de neige, bisous (les bisous se font sur les joues) etc.). Quel plaisir peut-on tirer du fait d’avoir des centaines d’amis FaceBook, tweeter, ou Viadeo alors qu’on n’est mĂŞme pas capable de voir son frangin ou son meilleur ami sombrer dans une dĂ©pression ? Soyons rĂ©alistes : ces rĂ©seaux sociaux n’existent que pour vous prendre le peu de temps libre qu’il vous reste pour mieux vous vendre des encarts publicitaires collĂ©s Ă  droite de votre Ă©cran en vous laissant seul, toujours plus seul, face Ă  la lumière blafarde de votre Ă©cran 19 pouces LCD !

Ah bon ? Parce que tu es seul ? Mais sors ! Vois du monde ! Va dans des soirées ….

Mort de rire ! Quand on me dit ça j’ai souvent envie de rĂ©pondre « mais tu as rĂ©flĂ©chis deux secondes avant de parler ? » Faut croire que non alors on va s’amuser Ă  dĂ©cortiquer un peu les relations humaines pour aboutir Ă  quelques constats simples.. Vous ĂŞtes prĂŞts ? Allons-y :

Si on admet que le carrĂ© vert au centre du dessin, c’est moi. Alors on trace un cercle autour de moi qui reprĂ©sente mon cercle de vie constituĂ© de mon tissu social. On a donc :

1 – Famille :

Un premier cercle concentrique qui matĂ©rialise la famille. C’est pas franchement au sein de la famille qu’on rencontre de nouvelles personnes. Et quand on est homo, ce serait mĂŞme le dernier endroit oĂą on a des chances de rencontrer celui qui un jour est sensĂ© partager et vos nuits et vos jours…. Ce serait plustĂ´t du genre « Putain on a dĂ©jĂ  un pĂ©dĂ© dans la famille on va pas les collectionner non plus ! »

Et quand deux membres d’une mĂŞme famille sort du placard, lĂ  c’est la catastrophe dans les rĂ©unions de famille en leur absence ! DĂ©ni pour certain, non dit pour tout le reste ! Pensez, mieux vaut faire comme s’ils n’existaient pas : deux tares familiales c’est dĂ©jĂ  trop, on va pas en plus en faire Ă©tat !

Oublions donc ce cercle mais avant de passer directement au second voyons les événements familiaux comme les mariages par exemple.

Il peut arriver que la belle famille ait en son sein un membre  … gay. Mais pour que le miracle de l’amour se produise faudrait rĂ©unir tellement de paramètres que jouer au loto serait plus sĂ»r pour vous !

2 – Amis 

Amis communs hĂ©tĂ©ros : OK y a les potes hĂ©tĂ©ros chez qui on passe de supers soirĂ©es. C’est vrai. Heureusement qu’ils sont lĂ  ceux-lĂ  sinon y a longtemps qu’on se serait avalĂ© tous les tubes de barbituriques de la terre ! Merci au passage d’ĂŞtre lĂ  et d’ĂŞtre ce qu’ils sont. Cependant, une fois de plus, quand on est un homme qui aime les hommes, c’est pas sur leur canapĂ© ou autour de leur jolie table qu’on va rencontrer le prince charmant, avec ou sans cheval blanc ! Ok on s’amuse bien. Ok on se change les idĂ©es et cela nous Ă©vite de nous apitoyer sur notre propre sort mais, quand une fois tout le monde rentrĂ©s chez soi et que vous vous retrouvez au lit avec votre moitiĂ© pour un gentil câlin, que devenons-nous ?

Bah rien … On se retrouve dans notre grand lit froid seul avec notre solitude pour compagnon… Pas glop tout ça… pourtant ne dit-on pas que tout le monde a de nos jours au moins un ami homo ? Bah faut croire que vous n’en avez effectivement qu’un seul et que c’est … moi ! Ceci explique pourquoi dans vos soirĂ©e je ne peux que me rencontrer moi-mĂŞme … Mieux vaut en sourire … Je vous aime quand mĂŞme changez rien …

Amis communs gays : LĂ  c’est plus compliquĂ©.

Tout d’abord il y a ceux qui refusent de jouer les marieuses mĂŞme s’ils en ont la possibilitĂ© ! Pensez donc ! « Et si ça foire, je ne veux pas ĂŞtre tenu pour responsable de leur Ă©chec !! » Oui ….sans doute ….sauf qu’on parle de deux adultes responsables qui ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s l’un Ă  l’autre et qui ont acceptĂ© la règle du jeu en tentant quelque chose…

Si ça marche une fois de plus : Bingo, gagnant au loto de l’Amour… Si ça marche pas, ces deux lĂ  auront au moins essayĂ© et ne peuvent tenir personne pour responsable du fait que les choses n’ont pas fonctionnĂ©.. A moins d’ĂŞtre le dernier des cons pour penser autre chose, ces deux lĂ  feraient bien de remercier leur « marieuse » de leur avoir apportĂ© une occasion de changer le cours de leur vie non ?

Ensuite il ya ceux qui ne tĂ©lescopent jamais leurs diffĂ©rents cercles d’amis. Quoi qu’il advienne, ils prĂ©servent les frontières entre chacun d’eux et feront en sorte de toujours maintenir des fossĂ©s afin que les uns ne puissent jamais les franchir pour connaĂ®tre les autres… Allez savoir pourquoi. Par Ă©goĂŻsme ? Par peur de voir les amis devenir tellement amis qu’il pourrait en oublier (voir abandonner) l’ami qui les a prĂ©sentĂ© l’un Ă  l’autre un jour ? Va savoir Charles … Les voies des Hommes sont souvent impĂ©nĂ©trables …

Quoi qu’il en soit, il est extrĂŞmement rare de rencontrer d’autres gays chez des amis gays : sauf exception, ces derniers ont tellement peur de laisser entrer le loup dans leur bergerie que toute nouvelle pièce rapportĂ©e ne peut l’ĂŞtre que si elle est inoffensive d’abord pour eux … Et puis tout se passe comme si autours des clans ainsi formĂ©s, de hautes murailles avaient Ă©tĂ© dressĂ©es afin de se protĂ©ger des agressions extĂ©rieurs (hĂ©tĂ©ros ou gay). S’ouvrir au monde, s’ouvrir aux autres ? Ca va pas non ??? Tu rĂŞves lĂ . On est entre nous et on y reste : pour vivre heureux vivons cachĂ©s…

3 – le travail

On sait suivant des statistiques sĂ©rieuses menĂ©es dans beaucoup de pays que 80% des couples se forment sur les lieux du travail. Bah quand on est hĂ©tĂ©ro sans doute. Quand on est homo et qu’on n’est ni dans la mode, ni dans la coiffure, ni dans les fleurs, c’est pas gagnĂ© cette affaire-lĂ . Franchement, je me vois dĂ©clarer ma flamme Ă  ce nouveau collègue, arrivĂ© depuis peu dans le service sans savoir s’il est lui aussi attirĂ© par les hommes…

Et quand bien mĂŞme, lĂ  oĂą cette pratique passe Ă  l’aise quand on est hĂ©tĂ©ro (draguer sur le lieu de son travail),  passerait pour de la perversitĂ© de ma part auprès de toutes les autres personnes au boulot !  Â«Â Ca ne se fait pas des trucs comme ça ici … Qu’il aille faire ses cochonneries ailleurs. » Le boulot pour rencontrer quelqu’un ? Tu oublies ok ?

4 – Bars gay, saunas, …

Bars Ă  Thèmes : LĂ  c’est drĂ´le. « Sors dans des bars, je sais pas moi ! » me lance-t-on… Mouii. Donc j’entre seul dans un bar et je m’assois Ă  une table… lance un regard circulaire… constate qu’il y a du monde (c’est bondĂ© ce soir) commande un verre et le sirote doucement en attendant que l’un des types, venus lĂ  avec ses potes, se dĂ©cident Ă  m’aborder : « Bonjour, tu viens souvent ici ? » SĂ©rieusement …. Vous regardez trop la tĂ©lĂ©. Avez-vous observĂ© les gens dans les bars ? Chacun est venu en troupeau de potes et reste avec son troupeau. Ca parle fort, ça rigole, ça se moque, ça fourni les derniers potains « NooOOoonnn  dispas que tu sais pas que Jean-Marc est cocu ! Olivier le trompe avec Alain, tu sais la coiffeuse de chez Martin, mais si… tu sais Martin, celle qui baise avec tous ses clients… Je te conseille son salon ma grande… MMmm c’est cool de se faire peloter les cheveux en mĂŞme temps que les couilles…  » Eclats de rires !!!

Parfois y a des regards en effet mais c’est rare et quand y a c’est du genre « Mmm je te baiserais bien ce soir mais je suis venu avec mon mec alors dommage baby, ce sera pour une prochaine fois …) Bref, tu auras passĂ© la soirĂ©e Ă  boire et Ă  regarder ton verre (dĂ©lestĂ© de pas mal d’€uros soit-dit en passant) pour finalement repartir frustrĂ© et seul, comme d’hab… lamentable disais-je plus haut ? on va dire ça comme ça.

Les restaus ? Idem … demandez aux voyageurs de commerce le nombre de fois qu’ils ont mangĂ© seuls, les yeux au fond de leur assiette, sans avoir entendu personne s’adresser Ă  eux mis Ă  part le serveur au moment de la prise de commande et celui de la prĂ©sentation de l’addition… Combien de chance y a-t-il pour rencontrer une autre personne seule, dans la salle d’un restau, qui vous plaise et Ă  qui vous plairez ? Y en a, oui, mais si peu qu’avant que vous ne la trouviez vous aurez pris ces kgs en trop que tout le monde vous reprochera par la suite !

Discothèque : Voir Bars et Restau ! Les gens y vont en troupeaux… Le mec seul ne sera jamais intĂ©grĂ© Ă  un troupeau Ă  moins que l’un d’eux n’ait une furieuse envie de te baiser (ou se faire baiser par lui) auquel cas c’est direction les chiottes pour un Fast-Sex vite fait avant le prochain morceau de David Guetta. Et en attendant, vous les observez ces mecs, cette faune en jean’s moulant, T-Shirt noir manche ultra courtes, inscriptions machos en paillettes et/ou strasses blancs….

 

Assis sur un pouf (qui vous ressemble tant vous avez l’air con d’attendre lĂ  le Grand Amour de votre Vie sachant Ă  l’avance que votre soirĂ©e sera aussi pauvre que le dĂ©sert de Gobi) vous les matez ces mecs et que font-ils ? bah ils restent ensemble Ă  vider la bouteille commandĂ©e en commun parce que ça fait moins cher. Moins cher pour qui ? Pour celui qui se beurre la gueule, ça c’est sĂ»r ! Tandis que tout le troupeau danse, les deux autres sifflent tranquillement la bouteille sans se soucier de vous et lorsque après un David Guetta, un Antoine Clamaran, un Laurent Wolf, et enfin un Daft Punk vous dĂ©cidez de vous propulser vers vos amis afin de rĂ©hydrater ce corps de rĂŞve, nourri avec un seul yaourt par jour et entretenu avec dix heures de muscu par semaine, vous vous trouvez devant une bouteille vide et juste les glaçons Ă  sucer. Merci les potes ! Reste plus pour vous ce que vous auriez du faire en entrant : aller vous chercher un verre au bar et basta ! Bar que d’autres encore collent d’une force inouĂŻe.

Impossible de l’approcher ce bar afin de commander ce verre salutaire tant certains semblent avoir Ă©lu domicile Ă  ce mobilier indispensable Ă  leur soirĂ©e. ParaĂ®t que ça leur donne une contenance depuis qu’on ne fume plus dans les discothèque …. Puis votre regard s’attarde sur ces mecs effĂ©minĂ©s, enfermĂ©s dans des cages comme au zoo, qui se trĂ©moussent, se dĂ©hanchent, au point de ressembler Ă  des hommes caoutchoucs… Ils dansent bien… ils bougent bien … ils sont sexe …. Mais trop fĂ©minin pour vous, votre regard repart ailleurs … cherchant dans la semi obscuritĂ© trouĂ©e par quelque projecteur, le mâle dansant comme un mâle, comme un hĂ©tĂ©ro … bah justement, le seul mec qui vous branche Ă  fond jusqu’Ă  vous laisser un filet de bave aux commissures de vos lèvres avides de prendre les siennes gouluement est …. un hĂ©tĂ©ro venu lĂ  par accident, accompagner des copines gay qui lui ont tendu un piège histoire de le foutre en boĂ®te les jours qui suivront. C’est ça votre drame : craquer pour d’Ă©ternel hĂ©tĂ©ros qui s’oublieront au lit des femmes (merci Aznavour c’est fou ce que ta chanson me ressemble parfois)…

Ah si j’oubliais : le vestiaire !!!

Quand en fin de soirĂ©e vous faĂ®tes la queue pour rĂ©cupĂ©rer votre blouson de cuir « Armani », il se peut que près de vous, un mec vous ait repĂ©rĂ© toute la soirĂ©e et espère que durant l’attente (les filles du vestiaire, les pauvresses,  sont souvent dĂ©passĂ©es par les Ă©vĂ©nements…) il y ait des chances pour que le contact se fasse…. Mais rĂŞvez pas ! Ca c’est rare ! En gĂ©nĂ©ral en fin de soirĂ©e vous avez plus de chances de vous transformer en « voiture balai » et vous farcir de la viande saoĂ»le ou que sais-je encore….

5 – Lieux de drague :

Alors lĂ  ! On touche le fond du fond ! Imaginez : des mecs qui tournent, qui tournent, … ceci sans mot dire … puis parfois, ils s’approchent de vous, vous toise, vous soupèsent comme une marchandise Ă  vendre lors d’une foire aux bestiaux, pour finalement s’Ă©loigner avec dĂ©dain sans plus d’effet. Et quand par hasard (ou par dĂ©pit) vous finissez par en attirer un, c’est sans un mot, sans un souffle, que le sexe sera consommĂ© sur place.. jusqu’enfin, l’acte terminĂ©, le ferment de ce corps Ă  peine Ă©jaculĂ©, le satisfait s’Ă©loigne de vous sans un regard, sans un merci, sans un au revoir…

Avez-vous vu « Les Nuits Fauves » de Cyril Collard ? Bah la rĂ©alitĂ© est parfois (souvent mĂŞme) pire que la fiction. S’oublier dans des corps anonymes, se perdre dans des buissons crades, souillĂ©s de vieux prĂ©servatifs usagĂ©s, de mouchoirs en papiers dĂ©gueux, d’emballages de capotes ou de gel jonchant un sol humide et froid… c’est souvent le lot qui accompagne la misère sexuelle qui règne dans ce genre d’endroit.

Y trouver le prince charmant ? Vous plaisantez ? Quoi que … puisque nous y traĂ®nons nous mĂŞme avec notre quĂŞte dans nos poches, pourquoi pas d’autres ? Mais sommes-nous attentifs Ă  l’autre dans ces hauts lieux de perdition ? Pas sĂ»r… chacun y vient pour une chose prĂ©cise : du sexe facile Ă  consommer en urgence pour se tirer Ă  peine la petite affaire terminĂ©e… Ca laisse pas beaucoup de place pour la quĂŞte de l’Amour ça … Quand Ă  y trouver du romantisme, lĂ , on repassera une autre fois.

6 – Endroits inattendus

Transports : Le mĂ©tro, le RER, les bus, le train … On m’a souvent dit qu’il se passait des choses formidables dans les mĂ©tros… Ĺ’illades furtives, sourire en coin, … Depuis le temps que je prends les mĂ©tros parisiens, je ne vois pas vraiment comment une histoire d’Amour pourrait naĂ®tre en l’espace de quatre stations, aux heures de pointe, alors que tout le monde tire une gueule de six pieds de long… Faudra qu’un jour on m’explique. On fantasme, ça oui : Au bout du wagon, t’aperçois un mec magnifique, viril, bien campĂ© sur ses deux jambes (il doit ĂŞtre hĂ©tĂ©ro, tu ne tombe « amoureux » que d’hĂ©tĂ©ros !) ses yeux plongĂ©s dans les yeux de la blonde qui feint de ne rien voir en essayant de lire son « 20 minutes » rĂ©cupĂ©rĂ© Ă  la hâte sur le siège d’Ă  cĂ´tĂ©. Tu te vois traverser le wagon et dire Ă  ce mec « Salut, tu viens ici souvent ? » en lui laissant ton n° de portable inscrit sur un vieux ticket de mĂ©tro utilisĂ© la veille….? Franchement, tu te vois ?

Quand aux trains grandes lignes, Ă  supposer que quelqu’un vous plaise ça donnerait quoi ? Après deux u trois regards explicites, un petit tour dans les chiottes du wagon et puis s’en va ? Vous Ă  la prochaine gare, lui au terminus 400 kms plus loin.

Enfin, en province, on est tous enfermĂ©s dans nos bagnoles (pas vraiment un lieu de drague idĂ©al ça). Sauf moi qui vait Ă  pieds… Les trottoirs de nos villes de provinces sont tellement encombrĂ©s de cadeaux laissĂ©s par les proprios de bestioles domestiques qu’il vaut mieux garder un Ĺ“il oĂą l’on marche que sur cet inconnu magnifique qui croise notre chemin ! Alors OK, il peut arriver qu’Ă  un passage pour piĂ©tion, une voiture s’arrĂŞte pour vous laisser traverser… Vous levez les yeux vers le conducteur qui, derrière ses lunettes de soleil vous sourit en hausant un sourcil, vous laissant deviner qu’il apprĂ©cie ce qui passe devant le nez de sa 207 CC. Mais le charme intemporel de cette « rencontre » s’Ă©vanouis aussitĂ´t que votre pied droit (ça porte malheur ?) atteint le trottoir d’an face et que le conducteur en question redĂ©marre en trombe redevenant ainsi ce qu’il a toujours Ă©tĂ© : un chauffeur frimeur grisĂ© par la puissant des chevaux de sa caisse « Je dĂ©tiens le pouvoirrrr… ».

Ascenseurs : Ascenseur …. ascenseur … J’oubliais ça fait partie des voyage et/ou du transport ça. AAaah les joies de l’ascenseur. Vous allez tous vous reconnaĂ®tre ici : L’ascenseur arrive, les portes s’ouvrent dĂ©livrant une vieille musique easylistening genre bossa brĂ©silienne et laissant dĂ©couvrir un ou deux mecs plantĂ©s droits comme des I, de part et d’autre de l’ascenseur. Vos regards se croisent furtifs mais très vite tout se passe en une fraction de seconde :  l’un baisse les yeux pour mater le bout de ses chaussures « Ouf ça va, elles ne sont pas dĂ©lassĂ©esé » et l’autre mate le coin supĂ©rieur de l’habitacle se disant que dĂ©cidĂ©ment les Ă©clairages de ces engins seraient vraiment Ă  revoir ! et vous, bah vous entrez face Ă  ce miroir que vous dĂ©testez tant « Y a guère qu’aux filles qu’il sert ce foutu miroir ! A moi il ne fait que me rappeler mes kgs en trop et ces quelques rides aux coins de mes yeux ! Foutu miroir !! » ».

Tandis que les portes se referment derrière vous trois vous vous retournez pour faire face aux portes intĂ©rieures rĂ©glementaires sans piper mot avant d’appuyer d’une façon un peu gauche sur le bouton correspondant Ă  votre Ă©tage. Sans mot dire donc car vous allez faire, ensemble, un bout de chemin, durant 30 secondes (voir plus) sans un regard, sans un mot, sans bouger. L’un le nez en l’air Ă  pester contre ces plafond dĂ©coratifs certes mais d’une conception Ă  chier pour l’Ă©clairage qui semble vous donner un teint de Zombie, l’autre toujours Ă  mater ses grolles et le bas de son pantalon qui est dĂ©cidĂ©ment un peu trop long et prend l’eau les jours de pluie, et vous, un peu con entre ces deux cloches, Ă  vous mater vous-mĂŞme, la tronche floue et dĂ©formĂ©e par les portes en alu brossĂ© le tout sans broncher figĂ© en statue de sel (Ă  croire que quelqu’un dĂ©rrière vous vous flanquera un coup de règle sur les fesses si vous bougez le petit doigt !).

30 secondes, c’est plus qu’il n’en faut pour dĂ©couvir Ă  cĂ´tĂ© de soi les yeux plein de tendresse d’un homme viril mais dont les mains câlines de demandent qu’Ă  vous enlasser, vous enlever et vous emporter vers un Amour Ă©ternel. Il suffit parfois de peu : oser se regarder, oser se parler « vous ne trouvez pas que le « Printemps » de Vivaldi est un peu Ă©culĂ© de nos jours dans les ascenseur ? Que penseriez vous s’ils passaient Ă  l’Ă©tĂ© ??? ». Et de sortir ensemble de ce foutu ascenseur pour vous Ă©brouer, nus, dans les blĂ©s dorĂ©s aux senteurs de foins et de pomme… (de pomme ? ah oui c’est votre shampoing ça !).

Centre commerciaux : DĂ®tes-moi, ça marche les centres commerciaux ? On drague entre les paires de chaussures ? Au rayon piles Ă©lectriques ? Près des melons ? Ă  moins que ce ne soit au rayon fromagerie ou poissonnerie ? Dis-donc chĂ©ri, t’es heureux de me voir ou tu t’es pas lavĂ© depuis 3 jours ?

On peut ĂŞtre sĂ©rieux deux secondes ? A moins de n’avoir rien Ă  foutre de sa journĂ©e, les courses sont avant tout une corvĂ©e (pour moi surtout) menĂ©e tambour battant afin d’expĂ©dier ça au plus vite pour passer Ă  des choses plus …. Enrichissantes. Mais il est vrai qu’aujourd’hui, les supermarchĂ©s sont nos musĂ©es d’hier. On y vient pour se dĂ©tendre, s’y promener, flâner… Pauvre de nous ! Quel plaisir que de contempler un St Paulin plutĂ´t qu’un VĂ©lasquez ! C’est sĂ»r, le VĂ©lasquez, lui, ne sent rien !

CinĂ©ma : Je ne sais pas vous mais pour ma part, le cinĂ©ma me voit encore dans ses salles deux fois par mois minimum. Certains week-ends je peux voir 3 ou 4 films en deux jours. C’est dire si les salles de cinĂ©, je connais (le tĂ©lĂ©chargement de DiVX ne m’a encore pas tout a fait conquis) Et c’est bien pour cela que je sais que les salles de cinĂ©, quand vous y entrez seul, vous les quittez de la mĂŞme façon.

Et puis, un truc tant que j’y pense : avez-vous remarquĂ© vos comportement dans une salle de cinĂ©. SystĂ©matiquement, quand vous posez vos illustres fesses sur l’un des fauteuils de la salle, vous laissez obligatoirement une place vide entre vous et votre voisin. Si bien que les couples qui arrivent vers la fin se voient ĂŞtre sĂ©parĂ©s par ce comportement irrationnel que vous avez tous ! DĂ®tes-moi, vous avez peur que votre voisin vous donne la peste ? Le cholĂ©ra ? Ou avez-vous peur que durant le film, ce dernier vous tripote dans le noir ?

Bref, quand je suis seul au cinĂ©, j’ai deux places vides, une de chaque cĂ´tĂ© de ma petite personne. Super pour discuter avec des sièges vide mais je ne suis pas encore neuneu.. Je ne m’inquiète pas au train oĂą ça va, ça viendra ! Mieux vaut en rire ?

Voyage – Vacances …  : Oui  y a des chances de tomber sur le prince charmant mais, lĂ , se pose un autre problème : tomber sur un type qui habite Ă  200 kms (au mieux) de chez vous (voir Train grandes lignes ci-dessus !).

Vous y croyez vous en l’Amour Ă  Distance ? C’est cool pour les câlins la semaine (par tĂ©lĂ©phone ou sur msn !). C’est gĂ©nial aussi ne de se voir qu’une fois ou deux dans le mois. Ca, pour ne pas se disputer, c’est l’idĂ©al mais pour construire une vie de couple structurĂ©e, faudra qu’on me dise comment ! Bien sĂ»r, j’en vois des « couples » de ce genre… mais peut-on appeler ça des couples ? La plupart vont voir ailleurs la semaine ou le mois et me disent nager dans le bonheur quand ils se retrouvent enfin eux et leur moitiĂ©. Bien leur en fait. DĂ©solĂ© les gars mais ce n’est vraiment pas comme ça que je conçois une vie de couple. Pour moi, c’est un peu plus scellĂ© que ça. Ca a un peu plus de fondations qui ont pour noms : partage, confiance, dont de soi, … 

7 – le virtuel

« Sites Internet » : C’est le premier d’entre eux et nous venons de le voir plus haut. Franchement qu’on soit sur des sites payants (MEETIC, GAYPAX BEARWWW ou JHLIVE) ou sur des sites gratuits (NETHOMO, GAYMEC, etc ..) c’est le mĂŞme topo : Quelqu’un te contacte, tu lis le message qui ressemble souvent Ă  : « Slt, âge ? t’es comment, taille du sexe, actif ? Passif ? tu reçois ? » Avant mĂŞme de rĂ©pondre aux autres questions t’es dĂ©jĂ  out avec la première Ă  moins d’avoir moins de 35ans auquel cas tu as une chance supplĂ©mentaire au tirage (de tirer ou te faire tirer !). Si pour 1,70m tu pèses plus de 75kg c’est que t’as un bourrelet : t’es OUT !

Bon admettons que t’es maigre comme un coup de trique (qui trique ?) genre « crevette fashion victime du Marais parisien » ou que tu as quelques tablettes sur le ventre entretenues dans des salles de sports bondĂ©es de cons narcissiques qui, entre deux levĂ©e de fonte, passent leur temps Ă  se mater dans les miroirs immenses qui habillent le fond de la salle, ….alors lĂ  t’as tes chances … et encore … t’auras toujours trop de ci ou pas assez de ça … t’es trop brun, trop poilu sur le torse, trop blond, pas assez de cul, pouah t’as du poil sur les fesses, une petite bite (on t’as reconnu avec ton mouchoir entre tes jambes), t’as pas les yeux bleus, t’as un trop grand pif, tu portes des lunettes, ….

Bref tes nĂ©gociations ont peu de chances d’aboutir tant les mecs savent pas ce qu’ils veulent ou pire, sont trop bien chez eux engoncĂ© dans leur confort, pour avoir envie de se dĂ©placer et te rencontrer… T’as beau persĂ©vĂ©rer, les ours et les soirs devant Internet se suivent et se ressemblent tous …. Plats, mornes et froids comme la banquise….

et pour que le tableau soit complet ajoutons les gigolos, les prostituĂ©s, les dealers de tous poils, et j’en passe…

La faune sur le Net est un vrai « poème ». On n’est pas arrivĂ©. 

Voilà on a fait le tour …

Quand on vit seul, pas facile de se sortir de sa solitude. Beaucoup le savent (inconsciemment) qui ne quittent pas leur conjoint mĂŞme s’il n’y a plus rien entre eux ! Pour ceux-lĂ , quitte Ă  vivre dans du « rien » mieux vaut le vivre ensemble que seul. Ca explique ces vieux couples qui dĂ®nent ensemble sans mĂŞme un regard, les yeux rivĂ©s sur le JT de TF1.

Quant aux autres, Ă  ceux qui prĂ©fèrent vivre seul que mal accompagnĂ© ? Bah ils acceptent la règle du jeu mĂŞme si parfois elle leur pèse tellement qu’il en appelle Ă  ne plus se rĂ©veiller le matin pour aller faire le clown au boulot …

Et si on rencontre finalement ?

Parfois une histoire commence comme un conte de fĂ©e ou comme dans un roman du 19e siècle. Elle dure ce que dure un feu de paille, parfois plus. Mais très vite on sent qu’elle va foirer (biffer la ou les situations dĂ©crites ci-après inutiles) :

  • Il n’est pas sorti de son placard , faut rester discret car personne ne sait dans son entourage, ni sa famille, ni ses amis. Quand il te prĂ©sente (quand vraiment il ne peut pas faire autrement sinon il s’arrange pour ne pas Ă  avoir Ă  rencontrer des gens qu’il connaĂ®t) c’est fait ainsi « Ah au fait tiens je te prĂ©sente truc, un ami ». (Un ami ? C’est comme ça qu’il dĂ©finit le mec qu’il baise ou qui le baise ? C’est comme ça qu’il appelle le gars, vous, qui veille sur lui, nuit et jour, qui le soutient pour le meilleur comme dans les pires Ă©preuves de sa vie Ă  lui ? C’est comme ça qu’il rĂ©duit ce type (toujours vous) qui est prĂŞt Ă  lui donner un rein ou votre vie s’il le fallait ? Pourquoi, subitement vous avez envie de vomir ?)
  • Il est encore mariĂ© (ah oui, mince, il a une femme ! Et des gosses par dessus le marchĂ© !) et pas divorcĂ©. Il a bien conscience que votre arrivĂ©e dans sa vie va tout bouleverser mais, vous aussi vous devez comprendre qu’il ne peut, comme ça, quitter sa femme. C’est trop compliquĂ©. Elle va lui faire la misère si elle sait qu’il la quitte pour un mec ! Alors OK, il y pense sĂ©rieusement et il la quittera un jour mais vous devez patienter (5 ans plus tard, votre deuxième prĂ©nom est Anne : Â«Â Soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
  • Il a dĂ©jĂ  un copain auquel il tient et qu’il ne souhaite pas quitter d’autant qu’ils ont achetĂ© ensemble une jolie maison ou un appartement luxueux. Ils ont des oeuvres d’Art aussi. Et puis tous deux ont une très bonne situation. Tu dois comprendre : tout quitter pour toi serait une folie ! MalgrĂ© tout il tient Ă  vous aussi, alors, ce serait bien si vous le compreniez le chĂ©ri et que mĂŞme s’il reste avec l’autre c’est vous qu’il aime ….alors, si on se voyait en toute discretion…. (C’est drĂ´le, la vague impression de n’ĂŞtre qu’un jouet sexuel vous traverse alors l’esprit tandis qu’une vague lassitude monte en vous)
  • Il a dĂ©jĂ  un copain avec lequel il n’a plus de relation sexuelle depuis belle burette d’huile mais c’est compliquĂ© : il ne peut rien lui dire pour l’instant parce que voilĂ  quoi, ils ont des biens ensemble et les choses allaient si bien avant votre arrivĂ©e… Confort matĂ©riel quand tu le tiens ! Mais promis, il lui dira …. un jour …… Et promis, vous vivrez ensemble… mais pas maintenant d’accord ? Faut le comprendre, il ne peut pas tout quitter comme ça en claquant la porte du jour au lendemain. C’est qu’il a beaucoup investi le chĂ©ri et vous devez le comprendre… Alors, oui, un jour il quittera tout ça mais vous devez l’attendre… DĂ©cidĂ©ment, vos parents auraient du vous appeler Anne !
  • Il vit en co-loc avec un ex et il ont mis ensemble, des règles en place, et faut le comprendre le pauvre chĂ©ri, il ne peut ammener personne chez lui. Donc si vous comprenez bien, c’est open frigo et open bar pour lui, chez vous, jusqu’Ă  nouvel ordre.
  • Il habite Ă  200kms de chez toi. Vous deux avez une bonne situation ce qui, vous en conviendrez, complique considĂ©rablement la situation. Mais vous pourrez faire la route une semaine sur deux, l’autre ce sera lui. Mais très vite vous dĂ©chantez : il a des obligations, il a pris des engagements qui l’empĂŞchent de faire le dĂ©placement (associations, boulot, famille, amis). Et puis vous ĂŞtes marrant, Ă  force, faire la route, ça coĂ»te cher ! « Ne se voir qu’une fois par mois ne serait pas une solution plus raisonnable ? T’en penses quoi ? » vous entendez-vous proposer un soir après la baise, une fois la lumière Ă©teinte alors que vous vous ĂŞtes tapĂ© les 200 bornes en question dans le brouillard, ou sous la pluie ! (pourquoi une envie irrĂ©sistible de lui coller deux baffes vous vient-elle sans prĂ©venir ?)
  • Autres ….

Plan Q éphémère :

Mort de rire Ă  Nouveau. A la diffĂ©rence des lieux de drague, lĂ  on est chez le gars ou chez soi. Mais c’est vraiment la seule diffĂ©rence. Après le sexe, t’as mĂŞme pas eu le temps de t’en remettre, de reprendre ton souffle, que tu trouves dĂ©jĂ  le type rhabillĂ© au pied de ton lit, les baskets dans les starting-block, un vague « Merci c’Ă©tait bien » au bout des lèvres. Quand parfois tu as envie d’en retenir un, la rĂ©ponse qui t’es faite tombe comme un couperet : « Non merci, c’est gentil mais tu sais, moi, c’est jamais deux fois avec le mĂŞme mec ! »  Ca a le mĂ©rite d’ĂŞtre clair. En d’autres termes : « Merci pour ta bite (ou ton cul) mais lĂ  maintenant je m’casse. ».

On peut aussi parler de tous ces mecs « en couple » voir mariĂ©s ! LĂ  c’est carrĂ©ment du grand guignol … Toi, tu passes ton temps Ă  chercher au fond des yeux des mecs celui qui veillera sur tes nuits autant que tu veilleras sur les siennes…, Tu rĂŞves d’obtenir ce que ces cons ont dĂ©jĂ  chez eux : un trĂ©sor qu’ils ne sont mĂŞme plus Ă  mĂŞme d’apprĂ©cier… Un joyau qui ne brille mĂŞme plus devant leurs yeux tant ils sont Ă©blouis par l’attrait de l’inconnu, par la montĂ©e d’adrĂ©naline que reprĂ©sentent peur eux les plans Q.

Alors, quand tu reçois un sms de ces loosers du style « t’es dispo ? » tu sais qu’en rĂ©pondant « oui »  c’est un mec qui arrivera en trombe chez toi , se dĂ©shabillera Ă  fond (en gardant toutefois ses chaussettes des fois qu’il lui faille se carapater Ă  quatrième vitesse) en te disant ces doux mots « J’ai pas beaucoup de temps, une demie heure tout au plus, ma femme (mon mec c’est selon) est :

  • allĂ©e chercher le gamin,
  • allĂ© faire les courses,
  • est chez le mĂ©decin,
  • chez sa mère,
  • autres (biffez les mentions inutiles).

Personne ne souhaite plus s’engager dans une relation de couple : pas de promesse Ă  tenir…. pas de responsabilitĂ© Ă  assumer… Pas de compte Ă  rendre … Une relation suivie ? Oui mais chacun chez soi ! On se voit les week-ends, pour les vacances, Ă  la rigueur une fois dans la semaine mais ne leur demandez pas plus sinon ils prennent leurs jambes Ă  leur cou et vous laisse lĂ , plantĂ© au milieu de la carrĂ©e Ă  vous enrhumer dans le vent qu’il ont provoquĂ© dans leur fuite.

Certains s’interdisent mĂŞme d’aimer de peur de souffrir ! J’ai un ex qui me disait souvent : « Souffrir ça sert Ă  savoir qu’on est vivant« . Est-ce Ă  dire que tous ces gens lĂ  vivent comme des zombies ? C’est sĂ»r, se branler devant un Ă©cran LCD via webcam interposĂ©e ne fait pas courir de gros riques pour celui qui s’adonne Ă  ce sport. MSN est si sĂ©curisant que pourquoi aller tenter le diable en rencontrant des gens, en vrai, pour de vrai…. rendez-vous compte :

  • Rencontrer un mec et avoir le coup de foudre pour lui au risque de souffrir si ça marche pas ?
  • Au risque de perdre les libertĂ©s ? Y compris celle de butiner ailleurs ?
  • Au rique de devoir faire des concessions (lui me doit tout mais moi pas question de donner, je suis au-dessus de ça !) ?
  • Au risque de perdre mon confort et devoir changer ma vie, mes habitudes ? 
  • Bref, au risque de souffrir tout simplement ?

Ah non ! Pas de ça  ! Ils veulent bien un mec mais ça ne doit avoir aucun impact sur leur existant. Ca doit ne leur faire prendre aucun risque. Et surtout, ça doit ne leur demander aucun sacrifice, aucun don de soi : Je prends mais je ne m’investis en rien.

Quelle est la meilleure façon de marcher ?

Chacun voit midi Ă  sa porte. Chacun cherche ce qui lui va bien. L’essentiel est d’ĂŞtre honnĂŞte avec l’autre et ne pas le faire mijoter indĂ©finiement (Ă  force de trop faire mijoter tout ça fini par ĂŞtre cuit, voir dans certains cas ĂŞtre cramĂ© !) Alors quelle est donc la meilleure façon de parcher ? Je dirais peu importe :  c’est celle avec laquelle on porte les bonnes chaussures. Dont’act …..