Le tour du monde du sexe : les Papous Sambia buveurs de sperme

Pour devenir un féroce guerrier, le jeune garçon Sambia doit se méfier des femmes et boire le sperme de ses aînés.

Par Frédéric Lewino Publié le 09/08/2017 à 11:10 | Le Point.fr | Guerriers Sambias

Comment transformer un jeune garçon tĂ©tant le sein de sa mère en homme accompli ? En lui inculquant la peur des femmes et en lui faisant boire du « lait masculin », autrement dit du sperme au cours d’une très longue initiation Ă  connotation homosexuelle.

Dans les annĂ©es 1970, l’anthropologue amĂ©ricain Gilbert Herdt a sĂ©journĂ© longuement chez les Sambias vivant d’agriculture et de chasse, en Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e. Il raconte que l’initiation des jeunes garçons dĂ©bute entre six et dix ans quand ils sont sĂ©parĂ©s de leur mère pour vivre ensemble dans une maison commune.

Cette sĂ©paration est marquĂ©e par une cĂ©rĂ©monie de sept jours au cours de laquelle tous les jeunes garçons concernĂ©s doivent affronter 18 rituels, certains relevant carrĂ©ment du supplice. Les hommes de la tribu les entraĂ®nent très loin du village pour rejoindre le terrain d’initiation. Pour commencer, chaque garçon est menĂ© près d’un cours d’eau oĂą un guerrier lui fiche un bâton pointu dans les narines pour le faire saigner abondamment. Pendant ce temps, les autres adultes entonnent des chants guerriers. Si un mĂ´me effrayĂ© tente de s’Ă©chapper, il est traitĂ© avec encore plus de cruautĂ©.

Saigner pour se purifier

Il est maintenant temps de passer Ă  la cĂ©rĂ©monie dite le « manger du pĂ©nis ». Selon les Sambias, la seule façon pour un garçon de perdre sa part de fĂ©minitĂ© et de devenir viril, c’est de boire du sperme. Le donneur est un « bachelier », c’est-Ă -dire un jeune guerrier qui est sur le point d’achever sa propre initiation. Souvent, c’est un oncle du jeune garçon. La fellation s’effectue dans les fourrĂ©s et peut se reproduire Ă  plusieurs reprises durant la cĂ©rĂ©monie.

Quelques mois plus tard, cette cĂ©rĂ©monie se rĂ©pète, mais avec la nĂ©cessitĂ© de boire le plus de sperme possible, toujours histoire de devenir le plus valeureux des guerriers. Lors de la pubertĂ© des apprentis guerriers, une troisième cĂ©rĂ©monie fait d’eux des bacheliers. De buveurs de spermes, ils deviennent des donateurs. Ils sont sĂ©vèrement battus et fouettĂ©s pour s’endurcir. Le sang doit pisser Ă  flots, du nez, en signe de purification de toute contamination fĂ©minine. Enfin, les bacheliers doivent capturer une femme ennemie, et tuer un guerrier Ă©tranger après lui avoir fait avaler sa propre semence.

Une odeur Ă  Ă©viter absolument

Cette Ă©tape franchie avec succès, le jeune guerrier a le droit d’Ă©pouser une jeune fille, mais celle-ci doit ĂŞtre tout juste pubère. Et pas question de lui faire l’amour aussitĂ´t. Durant les premières annĂ©es du mariage, le seul acte sexuel permis est la fellation avec la croyance que la semence favorisera la production de lait de l’Ă©pouse après ses futurs accouchements. Quand, enfin, le jeune homme a l’autorisation d’introduire son sexe Ă  l’endroit que la nature a prĂ©vu, il devra nĂ©anmoins se garder absolument de sentir l’odeur gĂ©nitale de son Ă©pouse. Ce qui l’oblige Ă  n’introduire que l’extrĂ©mitĂ© de son pĂ©nis dans le vagin de celle-ci, sous peine de tomber malade. De mĂŞme, doit-il boucher son nez avec des feuilles de menthe. Alors, ne parlons pas d’amours anales… Avant de faire l’amour, le guerrier ne doit pas oublier de demander une fellation Ă  sa femme toujours pour que son sperme se transforme en lait maternel. Très important, enfin, Ă  chaque menstruation de sa partenaire, le mari doit se faire saigner du nez pour ne pas ĂŞtre polluĂ© par le sang menstruel.

Dani tribesmen in ceremonial adornment, Grand Valley, Papua, Indonesia Perhaps the oldest continuous farming society in the world, the Dani are an extremely successful agricultural people. They have resisted pressure to accept modern dress, instead wearing distinctive penis gourds, boars tusks and elaborate feathered headdresses. They are famous for their ritual warfare, but I despite their ferocious appearance I found them to be some of the most pleasant people I have ever photographed.

Le jeune Sambia devient un guerrier Ă  part entière quand il devient père pour la première fois. Le problème, c’est qu’il ne doit plus frĂ©quenter son Ă©pouse jusqu’au sevrage de l’enfant, vers trois-quatre ans.

La peur des femmes

Entre 20 % et 30 % des tribus de Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e pratiquaient autrefois cette initiation des jeunes guerriers avec le sperme. Par fellation et mĂŞme par sodomie. L’aimable donateur est parfois appelĂ© le « père-anus ». Certaines tribus pensent mĂŞme qu’un jeune garçon ne peut Ă©mettre sa première semence qu’après avoir Ă©tĂ© insĂ©minĂ© oralement ou analement.

photo GettyImages

Dans toutes ces tribus, dès son plus jeune âge, les garçons sont Ă©levĂ©s dans la peur des femmes. Certains ethnologues pensent qu’il faut y voir un lien avec le fait que les Ă©poux sont en gĂ©nĂ©ral bien plus vieux que leurs conjointes. Craignant que celles-ci les trompent avec des jeunes gens vigoureux pour assouvir leurs besoins sexuels, ils auraient donc mis en place cette stratĂ©gie de la peur.

Aujourd’hui, sous l’influence des missionnaires, cette belle tradition du sperme virilisant a quasiment disparu. Elle ne se maintient plus que parmi de rares populations isolĂ©es.