A quoi ça sert d’aimer ?

A quoi ça sert d’aimer ?

18 novembre 2009 Non Par RĂ©daction

 Â«Â Le monde pĂ©dĂ© est dur et sans pitié ». Combien de fois ai-je entendu cette phrase en faisant allusions aux amours gay. Moi qui vient du monde hĂ©tĂ©ro pour passer du cĂ´tĂ© obscure de la force je me demande si ceux qui prononcent cette phrase ont dĂ©jĂ  regardĂ© bien en face, le monde dans lequel ils Ă©voluent. HĂ©tĂ©ro ? Gay ? Le monde est dur et impitoyable pour tout le monde. Les gens sont de moins en moins prĂŞts Ă  s’engager et Ă  s’investir dans une histoire durable et construite mĂŞme si tout le monde aspire Ă  se caser et Ă  vivre le Grand Amour qui leur assurera leur confort affectif qui leur fait tant dĂ©faut. Oui mais….

Le monde est fou ! Le monde vit Ă  l’heure de la grande distribution et de la grande consommation qui va avec. Il suffit de regarder le contenu des petites annonces postĂ©es sur les sites de rencontres toutes tendances sexuelles confondues.

Chacun fait son marchĂ© sur le Net comme on le fait avec un catalogue IKA en poche : Il faut qu’il/elle soit comme ci et comme ça, qu’il/elle n’ai ni ci ni ça ni ça encore mais qu’il/elle ait impĂ©rativement ci et ça …. Et puis il doit ĂŞtre ainsi (description prĂ©cise et dĂ©taillĂ©e (taille, poids, couleur de cheveux, des yeux, forme de la bouche, aspect physique, pas de kilos en trop, autant de critères qui, mit bout Ă  bout qui ne laissent aucune place Ă  la fantaisie. On croit rĂŞver … les gens cherche leur moitiĂ© dans le rayon poupĂ©es mannequins ! Ken ou Barbie, Ă  vous de choisir ! Heureusement qu’on ne peut choisir son gosse de cette façon ! Sim City je te salue ! Bonjour les armĂ©es de clones dans nos rues ! Ah j’oubliais le plus important il faut impĂ©rativement qu’il/elle n’ait pas plus de 30 ans ! Aaaah jeunesse Ă©ternelle, quand tu nous tiens ….

Et puis se caser rime avec fidĂ©lité… Confort affectif et vie de couple ne fait pas bon mĂ©nage avec batifolage et libertinage cela, qu’on soit gay ou hĂ©tĂ©ro. Combien d’annonces mentionnent ces mots : « ne vit pas seul », « besoin de discrĂ©tion », « En couple mais besoin de voir ailleurs », etc … Et que dire des tchats avec leurs dragueurs hards « tu baises ? », « Cherche plan direct », « j’arrive tu me reçois Ă  poils et je te baise » ou pire « j’arrive je te saute et tu ne dis pas un mot »… Et dois-je vous parler de ces lieux de dragues glauques oĂą l’on tourne des heures les pieds dans la boue, oĂą l’on choisi son partenaire comme dans un marchĂ© aux bestiaux, oĂą l’on consomme du sexe sans mĂŞme s’ĂŞtre adressĂ© un mot, oĂą le son mĂŞme d’une voix est prohibĂ©e ?

Misère sexuelle et misère affective se conjugue Ă  l’internet et aux aires de repos nocturnes.

Le genre humain se condamne-t-il Ă  vivre seul ? Reclus chez lui, scotchĂ© devant son Ă©cran d’ordinateur avec pour seul outil de conversation msn ? Sans rire, combien de fois me suis-je retrouver un soir Ă  dialoguer avec un pote habitant un quartier de la ville pas si Ă©loignĂ© du mien et quand lasser de taper de longues et interminables explications je lui demandai « tu veux pas qu’on se retrouve au bar machin-truc, je t’offre un verre et on continue la conversation » je me voyais rĂ©pondre « Bah non… j’ai pas envie de sortir.. » Merde je t’offre un pot ! C’est moi qui rince ! Et mĂŞme pour ça bah on n’a pas envie de sortir ! On ne sait plus communiquer ! Quand on dit bonjour dans la cage d’escalier d’un immeuble, on est regardĂ© de travers « qui c’est celui-lĂ  ! Je ne le connais pas ! » Qu’on se le dise, maintenant faut connaĂ®tre les gens pour avoir le droit de leur dire bonjour… Sinon ? Bah passe ton chemin et fais pas chier. Et que dire des salles de cinĂ©ma oĂą on laisse systĂ©matiquement une place vide entre soi et .. le voisin ! MĂŞme phĂ©nomène dans les trains, ces derniers sont-ils bondĂ©s. On s’en fout ! On dĂ©pose son manteau ou blouson, ses paquets et autres effets sur le siège d’Ă  cĂ´tĂ© (au lieu de les ranger dans les porte-bagages prĂ©vus pour ça) afin d’ĂŞtre sĂ»r que personne ne posera son auguste cul Ă  cĂ´tĂ© de soi…

Le monde entre dans une ère glacière… Les relations humaines se figent dans l’enfer de glace que l’humanitĂ© lui prĂ©pare…

Le genre humain se condamne Ă  vivre seul. Comme d’habitude, il va tout naturellement vers la facilitĂ©. Surmonter des difficultĂ©s, autant d’obstacles qui l’empĂŞche d’avancer sans trop se poser de questions est tellement plus compliquer et emmerdant. Personne ne veut plus se prendre la tĂŞte avec des conneries comme s’engager dans une vie Ă  deux qui obligera forcĂ©ment l’un ou l’autre (voir les deux) Ă  faire des concessions !

Donner ? Moi ? Que nenni ! Je prends, je vole au besoin, mais pas question de donner qui que ce soi ! J’veux qu’on m’aime ! J’veux qu’on s’occupe de moi… qu’on soit disponible pour moi tous les Ă  chaque fois que j’aurais besoin… mais seulement quand j’ai besoin OK sinon, bah t’es lourd mon pote. Lâche-moi. Laisse-moi un peu d’air pour respirer et aller et venir Ă  ma guise… voir qui je veux quand je veux … baiser qui je veux, quand je veux, et tout ça, bien sĂ»r, sans avoir Ă  te rendre compte de quoi que ce soit ! Après tout, j’ai droit Ă  un jardin secret non ? Tu as besoin de moi ? Tu ne supportes pas de me voir aussi souvent que tu le souhaiterais ? En somme, tu es un pot de glue qui ne vit que pour moi ? M’enfin, tu m’Ă©touffes ! Tu me comprends pas ? C’est ma vie et elle et trop courte pour que tu me prennes la tĂŞte. J’en fais ce que je veux et je ne te dois rien…Et si t’es pas d’accord, c’est que nous n’avons rien Ă  faire ensemble !

En revanche, Ă  L’inverse, toi, si tu me veux, tu me dois tout ! Tu te dois d’ĂŞtre magnifique Ă  regarder (t’as grossi, vire-moi de demi kilo en trop), je dois tout savoir de toi, ce que tu fais, qui tu vois, oĂą tu vas… Tu dois ĂŞtre lĂ  quand je t’appelle… Ne jamais me faire attendre, rĂ©pondre aux moindre de mes dĂ©sirs, ĂŞtre lĂ  quand j’ai envie de baiser, lĂ  quand j’ai envie de partir en week-end, lĂ  quand j’ai pas envie d’ĂŞtre seul, lĂ  quand j’ai tout bonnement besoin de toi et toujours, toujours, toujours : fermer ta gueule !

Gay ou hĂ©tĂ©ros mĂŞme schĂ©mas, mĂŞme canevas. Cependant une diffĂ©rence existe et pas des moindre. L’homme Ă©tant davantage fait pour la chasse (sur le plan sexuel, cela va de soit) que les femmes, il est certain qu’un couple homo Ă©tant formĂ© de deux chasseurs posera doublement le problème des infidĂ©litĂ©s. Le sachant (les gay ne sont pas dupes) ils acceptent bon grĂ© mal grĂ© que le partenaire puisse aller voir ailleurs en se donnant pour le coup le mĂŞme droit. C’est de cette façon que l’on se trouve en prĂ©sence de ces couples dits « libres » tant enviĂ©s par les hĂ©tĂ©ros (mâles cela va sans dire). C’est ainsi que bon nombre d’annonces fleurissent sur les sites de rencontres gay avec la mention, « Suis en couple PaCSĂ© mais libre. Ch mec pour plan sans lendemain ». De quoi laisser dubitatif non ? Que sera ce couple dans quelques annĂ©es ? A quoi ressemble leur vie sexuelle ? Sentimentale ? Quelle place peut bien avoir le conjoint dans une histoire « d’amour » de ce type ? Ces questions restent posĂ©es, Ă  ceux qui vivent ces choses de me rĂ©pondre en leur âme et conscience …

Seuls… Nous sommes vouĂ©s Ă  vivre et surtout vieillir seuls. PassĂ© soixante ans, un homo n’est plus qu’une vieille tante liquĂ©fiĂ©e incapable de toute sexualitĂ©, dont personne ne veut, promis Ă  l’abattoir des tarlouzes. Et en attendant ? bah on se pissera dessus sans aucun accompagnement parce que, vous comprenez, le vieux de la 15, bah il est pĂ©dĂ© et on veut pas attraper le SIDA ! Il ne l’a pas nous dit-on ? Pas grave ma brave dame, moi, vous savez, je veux pas prendre de risque, j’ai des enfants Ă  nourrir moi ! Hey je suis honnĂŞte moi !

Personnellement, ce n’est pas vieillir qui m’ennuie. La vieillesse ne me fait pas peur. C’est vieillir seul qui me « terrorise ». Vieillir sans avoir quelqu’un dans ma vie avec qui Ă©changer sur nos ressentis, nos angoisses… personne pour me rassurer. Personne Ă  rassurer… Personne pour prendre soin de moi comme je prendrais soins de lui… La solitude est pire que tout. Je parle de la solitude, la vraie. Je ne parle pas de celle que l’on recherche pour s’isoler un peu afin de rĂ©flĂ©chir sur la façon dans on va rĂ©soudre un problème donnĂ©, ou pour construire une maquette, classer ses timbre, lire un bon bouquin… je parle de cette solitude lourde, poisseuse, qui nous oblige Ă  manger notre soupe froide, le soir face au mur silencieux d’une cuisine de banlieue avant de regarder la tĂ©lĂ©, les yeux Ă©teints de tout espoir de vivre.. Je parle de cette solitude qui nous accompagne le soir, dans un lit froid que toutes les couettes du monde ne rĂ©ussissent pas Ă  rĂ©chauffer… Je parle de cette solitude qui font de chaque jour un enfer de silence, froid comme la mort qui n’en fini pas de se faire dĂ©sirer et qui ne vient pas comme pour en rajouter encore au calvaire quotidien…

Alors ? Vaut-il mieux vivre de façon Gay ou hĂ©tĂ©ro ? Est-il plus simple de trouver Ă  se caser quand on est hĂ©tĂ©ro ? ĂŠtre homo est-il synonyme d’une vie de solitudes, de galères, de misères sexuelles autant qu’affectives ? Pas si sĂ»r. En revanche, ce qui est sĂ»r c’est que la vie Ă  deux n’est pas un long fleuve tranquille et qu’il faut la mĂ©riter. Puis, quand on la tient enfin, on doit tout faire pour la garder. Rien n’est acquis ! La flamme peut s’Ă©teindre, Ă  chacun de nous de faire en sorte pour qu’elle de meure pas en apprenant Ă  donner et Ă  recevoir, Ă  ĂŞtre attentif Ă  l’autre, Ă  lui donner la place qui lui revient dans nos cĹ“urs, Ă  le reconnaĂ®tre comme Ă©tant notre coĂ©quipier de vie et ceci, aussi longtemps qu’il nous sera donnĂ© de vivre…

Souvenez-vous, un jour chacun de nous se trouvera au soir de sa vie, et, qu’y aura-t-il de plus terrible que de se rendre compte qu’on a vĂ©cu plein de choses mais qu’on les a faites seuls, sans le monidre Ă©changes sans le moindre amour ? Une vie sans amour, est-ce possible ? Ne pas aimer tout en Ă©tant aimĂ© en retour, n’est-ce pas ça ce qui s’appelle avoir ratĂ© sa vie ?

Forts de tout ceci, ĂŞtes-vous prĂŞts pour le grand saut ?

Les caps ou grandes Ă©tapes Ă  franchir

Le cap des 3 ans

Il paraĂ®t que l’amour dure 3 ans. Les cause de l’essoufflement seraient le changement de perception de l’autre, la routine… Au bout de 3 annĂ©es de relation, l’expression « l’amour rend aveugle » semble disparaĂ®tre. La magie des premiers temps s’effrite, les Ă©toiles dans les yeux s’Ă©teignent subrepticement, pour laisser place Ă  la rĂ©alitĂ© qui est parfois nettement moins attrayante que les premiers mois d’une relation. On prend ses aises. On se montre sous son vrai visage. On n’est moins attentif Ă  l’autre. Parfois l’égoĂŻsme de l’un prend le dessus et s’affirme. On prend conscience que finalement notre conjoint.e n’est pas si parfait.e. mĂŞme si on s’en doutait quand mĂŞme un peu.  

Le cap de Bonne Espérance (le pire de tous celui des 7 ans)

Quand l’amour rĂ©siste au premier cap des trois annĂ©es, rien n’est jouĂ© encore …  Le cap des 7 ans est frĂ©quemment Ă©voquĂ©, et de ce fait, redoutĂ©. Au bout de 7 ans, les couples auraient tendance Ă  se remettre en question. Et si l’amour avait laissĂ© place Ă  une profonde affection ? On se connaĂ®t par cĹ“ur, ce qui est un sentiment Ă  la fois rassurant et effrayant. Sans compter que certains couples s’aperçoivent qu’ils n’ont finalement pas construit grand-chose ensemble et que leur relation n’Ă©volue pas dans le sens souhaitĂ©.d’autres au contraire ont choisi des voies diffĂ©rentes et leurs regards ne se portent plus vers la mĂŞme direction. Chacun a Ă©voluĂ© mais pas dans le mĂŞme sens que l’autre. Enfin le pire, l’un des deux (voir les deux) se rend comte qu’il n’est plus attirĂ© par ce qui Ă©tait avant « sa moitié » et que l’amour s’en est allĂ© sans que rien n’ai pu ĂŞtre tentĂ© pour le retenir et le raviver. On s’aperçoit, mais trop tard que l’on n’a plus rien en commun.. Et la grande question s’impose : Que fait-on maintenant ? La rĂ©ponse n »ayant pas sa place dans cet article, on en reparlera dans un autre ….