Un garçon près de la rivière de Gore VIDAL

gvidal01Gore Vidal –

Un garçon près de la rivière –

Rivages poche/bibliothèque étrangère.

« Jim avait de l’affection pour Shaw, bien qu’il ne le crût pas quand il parlait de son amour. Il en parlait avec des mots si parfaits que Jim ne tarda pas à se rendre compte que son compagnon se jouait à lui-même la comédie. Mais cette découverte ne le troubla pas. Il n’était pas amoureux de Shaw. Il n’avait jamais dit qu’il l’était. L’idée qu’on pouvait être amoureux d’un autre homme lui paraissait ridicule et impossible. Tout au plus un homme pouvait-il trouver son double, comme Bob, mais c’était rare et il s’agissait d’autre chose. »

JG : C’est drôle… J’ai été « hétéro » et ai été marié durant 18 ans ! Durant toute cette période où j’ai eu deux enfants, je ne me doutais pas qu’il pouvait exister autre chose que ce que je vivais. L’homosexualité, pour moi, n’existait pas et je n’en soupçonnais qu’à peine son existance… Alors, pour moi aussi, l’idée même qu’un homme puis tomber amoureux d’un autre me semblait impossible voir même parfaitement ridicule ! Jusqu’à ce que mes pulsions, si violemment enfouies finissent par rejaillir hors de moi et m’apparaître comme évidente ! J’ai toujours été homo et voulais de toutes mes forces la refuser … Quand je suis sorti de mon placard j’ai cherché à comprendre.. J’ai gratté … et j’ai découvert tout une littérature parallèle dans laquelle j’ai lu des tonnes de choses dont le roman de Gore Vidal. Une des phrase de ce livre disait par écrit ce que j’ai toujours pensé et dit tout haut ! « Un garçon près de la rivière », un roman (d’amour) que je conseille à bon nombre d’entre vous.

Extrait :

Jim avait de l’affection pour Shaw bien qu’il ne le crût pas quand il lui parlait de son amour. Il en parlait avec des mots si parfaits que Jim ne tarda pas à se rendre compte que son compagnon se jouait à lui-même la comédie. Mais cette découverte ne le troubla pas. Il n’était pas ampoureux de Shaw. Il n’avait jamais dit qu’il l’était. L’idée qu’on pouvait être amoureux d’un autre homme lui paraissait ridicule et impossible. Tout au plus, un homme pouvait-il trouver son double, comme Bob, mais c’était rare et il s’agissait d’autre chose.

Gore VIDAL : Un garçon près de la rivière
(page 93 de l’édition Rivage Poche ; Bibliothèque étrangère)