ALEXIS ou le traité du vain combat. suivi de Le coup de grâce de Marguerite YOURCENAR

Marguerite YOURCENAR : « ALEXIS ou le traité du vain combat. » suivi de « Le coup de grâce » – Chez Folio. « Je subis les obsessions du suicide, j’en subis d’autres, plus abominables. Je ne voyais plus, dans les plus humbles objets de la vie journalière, que l’instrument d’une destruction possible. J’avais peur des étoffes, parce qu’on pouvait les nouer; des ciseaux, à cause de leurs pointes; surtout, des objets tranchants. J’étais tenté par ces formes brutales de la délivrance : je mettais une serrure entre ma démence et moi. Je devins dur. Je m’étais, jusqu’alors, abstenu de juger les autres; j’aurais fini par être, si j’en avais eu le pouvoir, aussi impitoyable pour eux que je l’étais pour moi-même. Je ne pardonnais pas au prochain les petites transgressions; Je craignais que mon indulgence envers autrui ne m’amenât, devant ma conscience, à excuser mes propres fautes. »   « ALEXIS ou le traité du vain combat. » suivi de « Le coup de grâce » de Marguerite YOURCENAR chez Folio

Les Nuits Fauves de CYRIL COLLARD

« Les Nuits Fauves »  de CYRIL COLLARD – J’ai lu. »…. Je ne supporte plus les larmes; ça me dégoute. Surtout les larmes des filles, convenues, attendues. Celles d’un garçon, à la rigueur, si elles sont paradoxales, peuvent encore m’émouvoir. Je raccroche. Laura me rappelle. Ses larmes sont là, mais retenues maintenant, presque ignorées. Elle dit : »C’est bien, comme cadeau d’anniversaire : plus de boulot, ma mère qui me fout à la porte, mon mec qu’est séropositif qui me le dit pas et qui m’a peut-être refilé cette saloperie. Putain, tu te rends compte que j’ai que dix huit ans ? je suis une gamine, t’as dix ans de plus que moi, mais t’as pas le droit de te servir de ça pour me fair du mal. » GAY ou BI ? Parfois faut choisir ! Être gay à 100% et le savoir est une chose ; S’assumer en est une autre. Difficile certes mais parfois moins compliquée que les garçons qui aiment les garçons ET les filles ! Comment vivre pleinement et sereinement les deux ? De ce roman qui traite de ce sujet, Cyril Collard en fera un film (qui en choquera plus d’un !). Projeté sur le devant de l’actualité avec son…

LIEUX de DRAGUES de Bruno Proth

LIEUX de DRAGUES de Bruno Proth aux éditions Octares   Bruno Proth est sociologue et chargé d’enseignement à l’université Paris Sud, Jean-Monnet et à l’université Paris VII, Denis Diderot.   Cet ouvrage est un complément plus « précis » sur la question des conditions de mises en oeuvre d’une prévention efficace sur les lieux de dragues. Pour ce faire, il faut dabord comprendre comment fonctionnent ces endroits, leurs codes (de langages, de comportements, …), leurs normes, et les gens qui fréquentent ces endroits. Un parcours ethnologique en milieu gay, bi et « hétérosexuel » en recherche de sensations est proposé ici au lecteur. Cet ouvrage s’essaie à rendre compte de la compréhension des inter-relations qui s’établissent entre , d’une part des hommes qui détournent temporairement des espaces publics à des fins sexuelles et d’autres part des volontaires d’une association de lutte contre le SIDA qui, sur cet espace social provisoirement annexé, doivent installer leur présence et tenir leur rôle de prévention.   OK, on est loin de la lecture d’un roman de gare mais lire cet ouvrage me semble indispensable à quiconque souhaite prêter mains forte aux équipes de prévention des MST/IST. Il s’agit de bien connaître les lieux de dragues et les gens…

La vierge des tueurs de Fernando VALLEJO

Fernando VALLEJO « La vierge des tueurs » – Le livre de poche. »… « Une passerelle surélevée pour piétons traversait l’autoroute. Je suis monté. En bas fonçaient les voitures déchaînées, conduites en dépit du bon sens par des sauvages qui croyaient être vivants alors que je savais que non. Là-haut volaient les charognards, les rois de Medallo, planant au-dessus de la ville dans le ciel limpide en grands cercles qui allaient se rétrécissant et se rapprochant chaque fois plus. C’est leur façon à eux d’atterrir, avec des délicatesses, des circonlocutions, sur ce qui leur appartient mais que l’homme stupide, ensevelisseur, veut leur enlever – pour le donner aux vers ! Moi je pense qu’il vaut mieux finir comme un oiseau splendide croisant en plein ciel que comme un ver asphyxié. Bon, c’est ce que je dis … Je suis descendu de l’autre côté et je suis entré dans un hall immense que je ne connaissais pas. C’est la fameuse gare intermunicipale d’autocars remplie d’une foule de morts vivants, mes compatriotes, qui allaient et venaient, pressés, affairés, préoccupés, comme s’ils avaient rendez-vous avec le Président ou un ministre et tellement à faire. Ils montaient dans les cars, ils descendaient des cars convaincus qu’ils savaient…

La confusion des sentiments de Stefan ZWEIG

Stefan ZWEIG « La confusion des sentiments » Le livre de poche. Le vécu de ce prof de Philo, par bien des côtés, me rappelle tant quelqu’un que je ne connais que trop bien ! Merci à Jean G. d’avoir allumé une chandelle dans mon ombre intérieure. « J’ai de tout temps exécré l’adultère, non pas par esprit de mesquine moralité, par pruderie ou par vertu, non pas tant parce que c’est là un vol commis dans l’obscurité, l’appropriation du bien d’autrui, mais parce que presque toute femme, dans ces moments-là, trahit ce qu’il y a de plus secret chez son mari; chacune est une Dalila qui dérobe à celui qu’elle trompe son secret le plus humain, pour le jeter en pâture à un étranger… le secret de sa force ou de sa faiblesse. Ce qui me paraît une trahison, ce n’est pas que les femmes se donnent elles-mêmes, mais que presque toujours, pour se justifier, elles soulèvent le voile de l’intimité de leur mari et qu’elles exposent, comme dans le sommeil, à une curiosité étrangère, à un sourire ironiquement satisfait, l’homme qui ne s’en doute pas. » Encore un roman qui traite de la « double personnalité forcée ». Comment être soi-même dans une société…

Le désir homosexuel de Guy Hocquenghem

« Le désir homosexuel » de Guy Hocquenghem Editions Fayard (180 pages) Parmi d’autres ouvrages paru sur ce thème, Fayard réédite un « classique » sorti en 1972 : Guy Hocquenghem, jeune philosophe alors agé de 25 ans publiait ce livre retantissant qui s’inscrivait dans le sillage des émeutes de Stonewall, à New York en 1969 et de la naissance du mouvement (alors subversif) gay et lesbien. Près de trente ans après sa parution, ce livre a encore quelque chose à dire, surtout en province avec ce regain de la « paranoïa-homosexuelle » et de l’homophobie ! Aïe ! En voici un livre douloureux ! Douloureux mais plein d’espoir de vivre autre chose que ce que la société bien pensant nous impose …   Le désir homosexuel  de Guy Hocquenghem – Editions Fayard (180 pages)

Maurice de E.M. FORSTER

E.M. FORSTER « Maurice » Editions 10/18 Il avait toujours eu un esprit tourné vers les lettres, nourri de classiques, et les horreurs que la bible lui avait fait entrevoir, Platon les balaya. Jamais il n’oublirait son émotion à la première lecture du Phèdre. Son mal y était décrit d’un manière exquise et sereine comme une passion que nous pouvons, ainsi que n’importe qu’elle autre, orienter vers le bien ou vers le mal. Ce n’était pas pour autant une invite au dérèglement des moeurs. Il ne put tout d’abord croire à son bonheur. Il pensa qu’il devait y avoir un malentendu, et que Platon et lui ne parlait pas de la même chose. Puis il comprit que le sobre païen englobait son cas, et qu’en esquivant la bible plutôt qu’en s’y opposant, il lui offrait un nouveau guide de vie. « Autant tirer meilleur parti de ce qu’on a. » Ne pas le refouler, ne pas souhaiter vainement qu’il soit autre, mais le cultiver d’une manière qui n’offense ni dieu ni les hommes. Maurice est un hymne à l’Amour. Peu importe le sexe des personne qui s’aiment. Elles s’aiment, c’est tout… Mais peut-on aimer d’Amour qu’un de même sexe que soit dans l’Angleterre victorienne…

LE LIVRE BLANC de Jean COCTEAU

LE LIVRE BLANC Jean COCTEAU Livre de poche Blanc, non signé ! Publié à compte d’auteur par un parfait inconnu qui ne l’était bien sûr pas à l’époque mais qui dû se cacher sous l’anonymat pour publier ce livre. Homophobie quand tu nous tient ! Que ne doit-on pas faire pour s’exprimer librement! Combien de baillons, société hétéro nous as-tu mis pour ne pas nous entendre, pour ne pas nous voir, tant tu étais engoncée dans tes préjugés à la con ! Et aujourd’hui ? t’as pas l’air con hein ?!! Te voilà qui découvre que celui qui avait tant de talent comme cinéaste, comme peintre, comme écrivain, comme conteur, n’était autre qu’un de ces sale pédé que tu détestes tant ! Tu découvres qu’il n’était autre que Jean COCTEAU ! Et par dessus le marché, tu découvres tes bévues, tes erreurs impardonnables, ta connerie devant Léonard DaVinci, Michel Ange, Caravage, Benjamin Britten, Samuel Baber, Verlaine, Raimbeau, Igor Tchaïkovski, Shakespeare … et on stoppe là la liste ! Elle est trop longue et tu serais trop mal dans tes baskets s’il te fallait faire tes excuse à tous ces gens, sans compter tous ces anonymes comme moi à qui tu as…

Le Rapt de Ganymède de Dominique Fernadez

Le Rapt de Ganymède Dominique Fernadez chez Grasset Dominique Fernadez est auteur de romans déjà chroniqués ici « La Gloire du Paria » et « L’étoile rose » édités en bouquins de poche. Quand il était étudiant, deux mots étaient synonymes : Homosexuel et Paria. Impossible, à l’époque, de découvrir chez des modèles que le monde entier admire comme des génies universels, une légitimation de goûts que l’opinion réprouve sous l’épithète de « contre nature ». Il était temps, afin que plus personne n’éprouve le sentiment de solitude et d’angoisse lié à la conscience d’être un hors-la-loi ou un malade ! Dominique Fernandez explore pour nous l’histoire de l’homosexualité, puis nous livre le fruit de ses recherches de cette particularité sexuelle à travers les arts de différentes époques à nos jours, jusqu’au cinéma. Au centre, un certain nombre d’illustrations pour étayer ses propos. Pour celui qui cherche une première approche de ce qu’est la « culture gay », lire Le Rapt de Ganymède est une bonne démarche pour un début. De plus, l’écriture de Dominique Fernandez est chaude et conviviale. Le Rapt de Ganymède – Dominique Fernadez – chez Grasset – 331p

Un garçon près de la rivière de Gore VIDAL
Littérature Gay et Lesbienne / 7 novembre 2009

Gore Vidal – Un garçon près de la rivière – Rivages poche/bibliothèque étrangère. « Jim avait de l’affection pour Shaw, bien qu’il ne le crût pas quand il parlait de son amour. Il en parlait avec des mots si parfaits que Jim ne tarda pas à se rendre compte que son compagnon se jouait à lui-même la comédie. Mais cette découverte ne le troubla pas. Il n’était pas amoureux de Shaw. Il n’avait jamais dit qu’il l’était. L’idée qu’on pouvait être amoureux d’un autre homme lui paraissait ridicule et impossible. Tout au plus un homme pouvait-il trouver son double, comme Bob, mais c’était rare et il s’agissait d’autre chose. » JG : C’est drôle… J’ai été « hétéro » et ai été marié durant 18 ans ! Durant toute cette période où j’ai eu deux enfants, je ne me doutais pas qu’il pouvait exister autre chose que ce que je vivais. L’homosexualité, pour moi, n’existait pas et je n’en soupçonnais qu’à peine son existance… Alors, pour moi aussi, l’idée même qu’un homme puis tomber amoureux d’un autre me semblait impossible voir même parfaitement ridicule ! Jusqu’à ce que mes pulsions, si violemment enfouies finissent par rejaillir hors de moi et m’apparaître comme évidente !…