Quand la famille s’en mêle

C’est vous ! Sympa, propre sur vous, plutôt passe-partout, vous êtes ce qu’on appelle un garçon sans histoire.

Ah la famille… Quand on est gay et seul, parfois ça coince avec elle mais quand on rencontre l’âme sœur, là, ça se gâte un tantinet voir même vos relations avec la famille peuvent tourner aux conflits voir la guerre… Certains nous diront « on s’en fout de la famille ! Rien à foutre de ce qu’elle pense et je vis ma vie comme je l’entends, avec qui je l’entends ». Et puis on choisi ses amis pas sa famille dit-on… quoi que parfois, les amis (qu’on croyait être de vrais amis) peuvent foutre un merdier sans nom dans votre existence au point que là, votre

Le père, la mère, le frère, votre famille. jusqu’ici elle a été cool pour vous … mais les choses changent quand ce petit monde apprend votre homosexualité…

vie peut aller jusqu’à ressembler carrément à l’après un cataclysme nucléaire mondiale.. Bon j’exagère un peu quoi que … 

Donc vous voilà vous, oui l’avatar à droite là c’est vous et le groupe à gauche, c’est votre famille. Quand vous leur avez enfin dit qu’ils ne seront jamais grands-parents parce que vous êtes GAY, papa et maman ont carrément fait la gueule… disons que, durant une « certaine » période, le climat entre eux et vous s’est passablement refroidit au point que l’on oublie de vous inviter pour les repas dominicaux et même pour certains anniversaires. Surtout ceux du frangin qui, bizarrement, a décrété que c’était une tradition familiale idiote et qu’en conséquence il décidait de ne plus rien faire du tout… Parallèlement, tout aussi bizarrement, il y a toujours de bonnes âmes dans la famille pour vous informer que ces petites fêtes familiales perdurent sans aucun problème ….. mais …… sans vous désormais.

Le problème c’est vous !

Mieux que ça, pour les autres, c’est VOUS qui avez un problème ! Pas eux. Pour faire une parabole transformons l’homosexualité en un sorte de boite avec papier cadeau et bolduc autour. Voilà, vous êtes passé par tous les questionnements, avez vécu tous les stades de la culpabilité, peut-être même avez-vous pensé au suicide puis vous avez longuement travaillé sur vous-même et avez fini par vous accepter tel que vous êtes. Vous avez fini de vous détester peut-être même vous aimez-vous à présent .. ce que l’on vous souhaite. Votre homosexualité n’est donc plus un problème pour vous. Elle le reste peut-être pour les autres mais pour vous c’est fini. Vous vous êtes réconcilié avec vous-même et tout va bien à présent, vous pouvez avancer… enfin !

C’est alors que vous décidez d’en informer ceux qui comptent pour vous. Ce qui était un problème pour vous et qui ne l’est plus à force d’un très gros travail sur vous va à nouveau le redevenir ! Voyez plutôt : Avec le temps, papa et maman en « bons parents » qui ne veulent que votre bonheur (bah oui c’est Jean-Pierre Pernaut/Nikos Aliagas/Christophe Beaugrand/Michel Drucker qui l’ont dit sur TF1 : Il faut évoluer avec son temps, que diable, nous sommes en 2019 !), finissent par vous réinviter doucement à la maison. OK, vous remarquez que quand vous êtes là, le frangin n’y est pas. Il a toujours à faire et les bonnes excuses ne sont pas faites pour les chiens pour justifier son absence. Quand vous l’appelez au téléphone, vous tombez une fois sur deux sur son répondeur et les autres fois c’est du bout des lèvres qu’il daigne vous parler. C’est entendu, votre frère n’accepte pas votre homosexualité. Pour lui, avoir un frère pédé est tout simplement inconcevable. Votre bonheur ? lui il s’en fous ! Après tout, il pense que vous ne pensez qu’à vous ! Que vous n’en avez rien à battre de sa vie maintenant que vous lui avez compliqué la sienne. Qu’il va devoir faire avec un frère pédé devant ses potes et sa belle famille… Bon, lui c’est réglé, vous ne faites plus partie de sa famille. Pas de pédé chez nous ! Y en a pas et y en n’a jamais eu et c’est pas aujourd’hui que ça va changer. On est une famille respectable et ce n’est pas vous le pédé qui allez bouleverser l’ordre des choses bien établie. En vous virant du cercle familiale, on rend les choses plus simples, plus clean, plus en adéquation avec ce que la société attend de votre famille….

En informant vos proches sur votre homosexualité, vous leur donnez une information. Pour certains ce n’est qu’une information et tout va bien. Pour d’autres cette information devient un problème qu’il ne souhaite pas résoudre parce qu’il ne savent pas comment le gérer. De ce fait, ils essayeront de vous refiler le paquet en vous faisant culpabiliser pour que ce soit vous, à nouveau, le problème et ainsi, faire en sorte que ce soit à vous de le régler à leur place. Mais … Avez-vous vraiment un problème avec VOTRE homosexualité ? Si la réponse est non alors laissez leur ce paquet. Il ne vous appartient pas. Ce sont eux qui ont un problème avec ça, pas vous. C’est à eux et à eux seul qui convient de régler ça. Laissez les se démerder avec LEUR problème.

L’affaire est entendue pour vous : Papa et maman c’est ok mais c’est très glacial. Ils stressent en pensant au jour où le voisinage, le reste de la famille ou même les amis vont apprendre leur terrible secret. « Qu’est-ce qu’on va leur dire ? » ; « Comment ils vont prendre ça ? » ; « On va être la risée du quartier (ou du village). » ; « Grand-mère et grand-père vont nous déshériter au profit de tante Germaine et oncle Octave qui, déjà avant ça, ne nous aimaient pas mais là pour eux, ce sera du pain bénis pour nous faire hériter que de quelques miettes à leur profit ! » ; Le frangin et l’oncle et la tante, on peut faire une croix dessus et n’espérer les voir avant longtemps… très longtemps… A cause de vous, la famille n’est plus une famille. Vous êtes à l’origine d’une explosion qui en a éparpillé les membres. C’est votre faute si on ne fête plus Noël tous ensemble ! C’est aussi de votre faute si papa, maman, le frangin et tutti quanti sont devenus des parias. Ce sont les galeux de la lignée et cette mise à l’écart, c’est à vous et vous seul qu’ils la doivent… En vous virant, ils éliminent ainsi la verrue. Plus de réponses embarrassantes à donner… Et si on leur pose des questions, d’expliquer que vous volez de vos propres ailes, que vous êtes très occupé, que vous vivez à présent dans votre appartement et que, pour toutes ces raisons, vous passez peu les voir (ça explique votre absence).

Tout leur dire ? Ils ne comprendraient pas. Ils seraient malheureux s’ils savaient et j’ai pas le cœur à leur faire du mal. Si je peux l’éviter alors je me dois de les « protéger ». Un comble non ? Là où la famille est censée vous protéger c’est vous qui la protégez … mais de quoi au juste ? Avez-vous commis un crime ? Vous devez encore et toujours supporter seul votre mal-être alors qu’ils devraient être là pour vous aider à vous épanouir comme ils le font pour vos frères et sœurs. Votre homosexualité devient VOTRE problème alors que vous n’en avez aucun vis-à-vis d’elle.  Refusez et laissez-les se débrouiller avec leur problème…

Les choses en sont donc là mais ça va se gâter :

Mais la vie fait en sorte que vous croisiez celui qui, de compagnon d’une nuit, deviendra votre compagnon de votre vie. Ooooh c’est beau ça .. Oui, c’est mignon ce que je viens d’écrire là. En effet, tout va bien pour vous tant que vous vivez votre idylle dans le secret de votre appartement où, seuls, quelques amis et amies, hétéros ou homos,  passent de temps en temps, rendre visite à ce petit couple charmant d’homosexuels qu’on aime tant exhiber dans ses relations mondaines :

  • « Vous savez, moi, j’ai l’esprit ouvert. Je suis « à la page ». Je vis avec mon temps ! La preuve : j’ai des amis homosexuels, très gentils, très polis, très serviables avec lesquels que m’entends fort bien et qui viennent régulièrement à la maison. Même mes enfants les apprécient. Il faut apprendre aux enfants la diversité vous savez mon bon monsieur et le monde est fait de tant de différences n’est-ce pas ma brave dame ? ».

Mais attention, faut pas déraper !

Même devant les amis,

  • Pas question de se donner la main en traversant leur parking (que vont penser leurs voisins s’ils vous aperçoivent ?)
  • Pas question de se dire des mots d’amour (autres que « chou » ou « bébé » qui restent soft)
  • Pas question d’avoir des gestes tendres à table. (Bah les amis ont beau être cools, il ne sont pas habitués à voir concrètement les choses. Savoir que deux hommes puissent se caresser les cheveux, la joue, les mains est une choses, mais le voir en est une autre…..)
  • De se faire quelque bisou que ce soit sur leur canapé. C’est qu’on doit savoir se tenir pas vrai ? « Se bécoter comme ça est indécent… C’est du domaine du privé ça. Et puis deux hommes qui s’embrasse, même si ce sont nos amis, vous comprendrez mon brave monsieur que l’on n’est pas encore habitués à ces pratiques un peu bizarres. C’est quand même un peu choquant encore pour nous. On n’est pas homophobes, la preuve, ces homos sont nos potes mais faut nous laisser du temps… Et dans ce cas pas question de débordement qui pourraient choquer les enfants. On est tolérants mais quand même … « 

Tolérant ! Le voilà le vilain mot !!! Mais voyons ensemble les définitions de cet horrible qualificatif :

Tolérant définitions :

Du point de vue comportementale :

  • Attitude de quelqu’un qui « admet » chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres. 
  • Attitude de quelqu’un qui fait preuve « d’indulgence » à l’égard de ceux à qui il a affaire.
  • Aptitude de quelqu’un à « supporter » les effets d’un agent extérieur, en particulier agressif ou nuisible : Nous n’avons pas le même niveau de tolérance au bruit.

Du point de vue de la Religion : 

  • Respect de la liberté de conscience et ouverture d’esprit à l’égard de ceux qui professent une religion ou des doctrines religieuses différentes. 

Du point de vue technique : 

  • Intervalle défini par rapport à une dimension théorique, à l’intérieur duquel doit se trouver la valeur mesurée pour que cette dernière puisse être considérée comme correcte.

En résumé, tolérer c’est admettre plus ou moins volontairement que les choses n’entrent pas tout à fait dans les cases qu’ont leurs destinent (quitte à ce qu’on force un peu avec un marteau ?)… D’un point de vue marketing ou même politique, si tout le monde rentrait dans les mêmes cases, les individus seraient plus contrôlables et maniables. Mais c’est loin d’être le cas. Les gens sont tous différents et même si beaucoup entrent dans les cases prévues par la société, certains restent inclassables, donc, impossible à faire rentrer dans des emplacements qui ne sont pas prévus pour les recevoir à moins de les y enfoncer à coup de marteau. Si on essaie de force on s’expose à une rébellion c’est clair !

Exemple : On peut avoir ses goûts en matières de musique/ciné/peinture/littérature (couleurs) ce qui compte c’est d’être hétéro (forme) pour entrer dans la case qui vous est destinée. Les ronds sont pour vous si vous êtes une fille ET hétéro, les triangles sont pour les garçons hétéros.

Votre famille, conditionnée par la bienséance et les convenances sociétales. Elle s’est appliquée à rentrer dans les cases qu’on lui a destiné, avec plus ou moins de réticence peut-être, mais, néanmoins, elle est bien rangée, pas de désordre, tout baigne, pas de vague, elle est conforme à ce qu’on attend d’elle.

On est fier de vous. On parle de vous en se gonflant la poitrine : « le petit devenu grand va fonder une famille et nous allons devenir grands-parents. On a hâte qu’ils se mettent à la tâche. On va devenir gaga quand ils nous passeront les mômes à garder… »

Tout va donc très bien jusqu’au jour où une brebis galeuse (bah oui, vous ! Vous dormez là ? Essayez de suivre un peu… Prenez des notes au besoin d’accord ?) Donc je disais, jusqu’au jour où une brebis galeuse refuse le formatage qui lui est imposé simplement parce qu’il lui est impossible de le faire. Votre famille attend de vous que vous marchiez sur leur pas. Quelle que soit votre orientation sexuelle c’est bien ce qu’elle attend de vous :

Vous n’avez pas choisi de tomber amoureux d’une fille de « couleur » comme on dit quand on est « politiquement correct ». Mais la famille… aaaahhh la famille et ses conventions de pacotilles. Qu’est-ce que peut bien leur faire la couleurs et/ou l’origine ethnique de ma nana ? Merde quand on tombe amoureux, on ne choisi pas de le faire et encore moins de qui on devient totalement gaga. elle est black ? ou asiatique  ? ou beurette ? Et alors ???? Vous l’aimez et vous pensez que votre famille va l’accueillir les bras ouverts parce que c’est celle que vous avez choisi, celle qui vous rend désormais heureux. Erreur !!!!! Bah non ! Tout au mieux vous aurez un : « OK, pas de souci. C’est TA vie et vis avec elle si le cœur t’en dit mais si tu viens, tu viens seul, sans elle… d’accord ? »

Heu on n’est pas racistes mon garçon mais tu dois comprendre qu’elle n’est pas de notre culture. Elle n’a rien en commun avec nous. Comment pourrions-nous nous entendre avec une fille qui ne comprendra rien à ce que nous lui raconterons et puis as-tu pensé aux voisins ? à la famille ?

Et bien c’est pire si vous venez chez eux avec …. un garçon ! Vous n’avez pas choisi d’être homo. Vous le savez. Mais eux ? Comment leur expliquer que c’est VOTRE nature. Que vous êtes comme ça et que vous n’y pouvez rien ?

NON ! NON et NON ! Là tu dépasses les bornes. On a été conciliants avec toi. Après tout ce qu’on a fait pour toi voilà comment tu nous remercies ? Mais qu’est-ce qu’on a bien pu faire ou ne pas faire pour qu’on en arrive là ? On n’a pas été de bons parents ? On ne t’a pas tout donné ? On ne te comprends pas : qu’est-ce que tu essaies de nous faire payer. Tu veux faire mourir ta mère ? Et que va dire la famille ? Et que vont penser les voisins !? Et tes grands-parents qui ne verront pas leurs arrières petits enfants avant de mourir !! Non décidément tu es ingrat et tu n’est pas digne d’être notre fils…

Vous voilà donc, condamné à vivre dans une société hétéro-normée au sein de laquelle aucune case n’a été prévue pour les homosexuels. Au mieux, ils vous tolèrent. Au pire, ça sent la sortie du marteau pour votre matricule ! Votre famille ne va pas se priver de s’en servir quitte à aller jusqu’au conflit ….voir ….la guerre. Les scénarios pour la suite de votre histoire, ne sont pas nombreux.

  • Vous les éliminez carrément de votre vie, sans aucun état d’âme, puisque à la base, vous n’étiez déjà pas très « famille ». Fin du problème et on peut passer à autre chose.
  • Vous êtes infiniment attaché à votre famille et vous en éloigner vous crève le cœur. L’idée de ne plus les voir vous est insupportable. On peut tout vous demander mais pas ça ! C’est hors de question ! C’est inconcevable.

 

La famille, on s’en fout ! J’ai été clair non ?

Oui, ça oui, tu as été on ne peut plus clair. Vous coupez totalement les liens avec elle. Vous ne les appelez plus (ils ne vous appellent pas de toute façon).  Vous ne les comptez plus parmi vos amis FaceBook (ils vous avaient déjà viré, ça tombe bien).

Vous ne vous arrêtez plus les voir  quand vous passez pas loin de chez eux : vous n’avez pas envie de les voir, vous ne savez pas quoi leur dire et puis, ils ne sont jamais là quand vous vous résignez à frapper à leur porte (un détail cependant vous dérange, bien qu’ils ne répondent pas, leur voiture est là) et, c’est avec un peu d’amertume refoulée que vous décidez de ne plus avoir aucune relation avec elle. Quand  on vous demande de leurs nouvelles, vos réponses sont vagues et les plus neutres possible pour ne pas avoir à mentir et donc, de ce fait, vous réduisez les risques de faire à l’avenir, des gaffes qui vous contrediraient et vous feraient passer pour un mytho.

La famille, c’est sacrément vital pour moi. J’en ai besoin et impossible de vivre sans. 

Oui et c’est bien là votre drame ! Déjà au lycée, pas question d’être pensionnaire ! Vous avez cherché un établissement proche du domicile pour ne pas avoir à quitter le cocon toute une semaine entière. Quant à l’Université (ou la FAC) il vous a fallu trouver, là aussi, l’établissement le plus proche quitte à vous arrêter après le BAC pour vous éviter l’éloignement ! Ne plus voir vos parents, vos frères et sœurs seulement à cause du fait que vous êtes homos ? Bah y a qu’à rien leur dire et basta. Après tout, pour eux c’est pas important puisqu’ils ne savent rien de ce qui fait « MOI » en ce moment et ça ne les empêche pas de vivre. 

Quel que soit le genre de garçon sur lequel vous aurez jeté votre dévolu, ce sera : « NON ! Fais ce que tu veux de ta vie mais si tu viens, viens seul, sans lui »…

Alors vous acceptez les conditions imposées par votre famille : vous viendrez les voir mais … sans votre compagnon qui lui, restera sagement patiemment à la maison, à vous attendre la journée (ou le week-end entier) tel un costume qu’on range dans un placard avec des boules de naphtaline dans les poches pour le protéger des mites… Vous acceptez le dénie de votre famille : Cache nous l’objet de ton infamie, ôtes-nous de notre regard l’image de ta perversion. Et la situation finira par pourrir d’elle-même. Votre compagnon, celui qui veille sur vos jours et sur vos nuits, celui qui est toujours là pour vous écouter, pour vous rassurer, pour vous consoler mais qui n’existe plus quand vous partez rendre visite à votre famille fini par se sentir exclu d’une partie de votre vie. Il est là pour vous faire l’amour et vous aider à vivre au quotidien mais il est OUT quand il s’agit de votre famille. 

Il n’existe plus. Il n’est plus rien… Il se sent trahit. En acceptant les conditions familiale vous le forcez à retourner dans son placard duquel à l’époque, tout comme vous, il est sorti avec douleur… Vous le forcez à prendre à son compte le problème qui appartient désormais à votre famille et à elle seule. Vous l’aimez, ok personne n’en doute, mais vous ne vous battez pas pour lui. Vous l’aimez mais votre amour a ses limites et vous les lui imposez quels que soient ses sentiments, quelle que soit sa vision des choses, quelle que soit sa conception du couple. Vous construisez une vie de couple (compte en banque commun, achat en commun d’un appartement ou d’une maison, vous envisagez même le mariage mais … Mais ? On en reparle plus loin…

Et les choses se compliquent encore plus quand le garçon dont vous êtes éperdument amoureux est de couleurs ou pire, plus vieux (voir beaucoup plus vieux) que vous… 

« Non mais tu te rends compte ? Il a l’age de ton père (ou de ton grand-père). Quel genre de pervers est-il pour avoir une relation avec toi ? C’est un malade ? Il t’a ensorcelé ? C’est un manipulateur !!! Il faut qu’on te sorte de ses griffes !Tu es en danger et tu ne le vois pas ! C’est pour ton bien qu’on fait ça et tu nous remercieras plus tard, quand tu comprendras … 

Vous pensiez que là, maintenant, c’est bon, ça ne peut pas être pire ? Encore une grosse erreur ! Imaginons que le garçon qui devra partager votre vie est de confession juif ou musulmane … Là hétéro ou homo ça change pas grand chose. On est sur le terrain racisme et xénophobe mais si on cumule avec votre statut homosexuel alors tout ça débouche sur un vrai cauchemar…

Là mon gars tu vas trop loin ! C’est plus qu’on ne peut en supporter de ta part. Rentre dans le droit chemin ou tu dégages ! Tu te fous de nous et ça c’est inacceptable. Sincèrement mon gars, on pense que tu le fais exprès pour nous emmerder et qu’à un moment ou un autre tu redeviendras celui qu’on a toujours aimé. On peut t’aider à te soigner tu sais ? On connait un bon psychiatre il va t’aider et sinon, on peut t’emmener chez le prêtre, il saura quoi faire pour t’aider…

Pour info : L’homosexualité (dépénalisée en France depuis 1981) a été rayée des maladies mentales par l’O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé) en 1993. 

Et quand vient le temps du mariage ?

Quoi ? Te marier avec un mec ? C’est vraiment ce que tu veux ? Ce sera sans nous !!! Non mais tu te rends compte de ce que tu nous imposes là ? Et quand les bans seront publiés à la mairie mais purée c’est tout le quartier (ou le village) qui va sa voir ! On ne pourra plus rien leur cacher ! Tu vas faire mourir ta mère ! C’est HORS de question. On te l’interdit ! Et si tu passes outre ce sera sans nous mais dans ce cas tu seras déshérité au profit de ton frère ! On ne te léguera que le strict minimum imposé par la loi française. Vas au diable si tu continue dans cette voie. Tu sors de notre vie et on ne veut plus jamais entendre parler de toi. Ta chambre sera sous louée et tes affaires jetées au feu. Ne compte pas sur nous ni sur tes frères et sœurs pour assister à ta mascarade ! Nous veillerons à ce qu’aucun d’eux ne soit présent. Tu me dégoûtes, j’ai envie de vomir quand je te regarde. Débarrasse le plancher de notre maison, tu es plus qu’une abomination, tu n’es rien. Rien de rien. Vas-t’en et ne reviens plus. Personne ne doit jamais plus entendre parler de toi. Je te préfère mort que savoir que savoir que tu salis jusqu’au nom de notre famille…

Tout est aussi noir et cauchemardesque ?

Non heureusement, il existe des gens qui ont une vision plus moderne des mœurs aujourd’hui et qui comprennent combien on peut être différents. Ils savent qu’être gay n’est pas une perversion, ni une maladie…Il savent qu’être homosexuel n’est pas qu’une affaire de sexe mais que cela se situe aussi au niveau des sentiments. On peut aimer au même titre une personne de même sexe que de sexe opposé. c’est une question de nature propre et l’éducation n’a rien à voir dans l’affaire.  Si votre famille est ce ce type là alors vous n’avez rien à craindre le l’avenir. Vivez votre couple en toute sérénité. Pour les autres et bien …. ce sera la galère et il vous faudra une sacrée force de caractère pour envisager sereinement votre avenir… Si vous êtes en couple ça aide. Rapprochez-vous encore plus et soutenez-vous… Si votre couple est assez fort pour affronter tout ça alors il tiendra longtemps et vous vous en sortirez… Soyez solidaire l’un de l’autre et … jetez le reste dans les oubliettes des homophobes …

 

NDLR : Tous les propos, et autres exemples cités dans cet article sont vrais ! Ils ont été vécus par un grand nombre d’homosexuels dont certains ne peuvent plus témoigner ici car le harcèlement de leurs propres familles les a mené au suicide (« je préfère de voir mort que te voir salir jusqu’au nom de notre famille… »).

 

 

Pour en savoir plus :

Ce document publié par inpes.santepubliquefrance.frNotre enfant est homosexuel 

3 commentaires

  • Daniel

    Tous à fait j’ai dans mon entourage des personnes si il apprenez que je suis gay que j’embrasse et que je fait l’amour avec mon mec je ne sais vraiment pas comment il réaliseront et surtout quel réaction envers moi
    donc je continue à prendre une grand plaisir en compagnie de mon amant mais sans rien dire à personne (sauf quelque personne très prés de moi )
    « vivons bien vivons caché dit le proverbe )

  • Rédaction

    Parfois un texte à donner à lire aide à ouvrir des yeux mais encore faut il que celui ou celle à qui on le destine accepte de le lire .. On peut mener un âne à la fontaine mais on ne peut l’obliger à boire

  • Gilardini

    Bravo quel leçon à apprendre à certain personne de mon entourage ….quoi que je ne leur est pas dit que je …suis gay
    Merci

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