Où est-ce Troyes ? En Champagne ? de Lionel Duroi (Gayvox)

GAYVOX – EDITO du 21.11.05 : Troyes
de Lionel DUROI pour Gayvox.com
On nous a déjà dit que les Éditos au sens académique ne sont pas pour aborder des sujets particuliers. Ben oui, mais j’fais c’que j’veux. Ça agace plein de gens, sauf mes supérieurs. Et les miens sont trop supra cool. Alors aujourd’hui, je me fends d’un édito spécial champagne avant Noël. Où est-ce Troyes ? En Champagne ? Je ne sais plus. Peu importe. Dans la campagne en tout cas, proche de Paris. Un long week-end là-bas, juste pour le plaisir de revenir !

Parcours d’un combattant du siècle.

J’ai chaussé mes après-skis que j’avais troqués contre des escarpins. Je suis parti à la rencontre de l’Éros. J’ai fouillé partout, même entre les vieilles pierres et les colombages. Les maisons penchées ont bien tenté de me séduire, mais elles n’ont contenté ni ma libido, ni mon désir de tête-à-queue. Heureusement, j’avais amené dans mes bagages : Gaieté parisienne de Benoît Duteurtre. Folio N° 3136 ! Plaisant, décontractant et surtout délicieux pour les temps morts.

J’ai dû franchir la porte vitrée d’un café (Le Trianon) situé sur la place du marché pour enfin m’entretenir avec un complice entre une grosse qui parlait fort et un ancien qui buvait sec. Ah ! Les charmes fous d’une bourgade aux yeux de braise… Bourgade au sens élargie, à votre convenance selon votre imagination.

Sur la façade du Trianon donc, le Rainbow flag ! Faut avoir la vue basse pour ne pas le repérer. Les tenanciers, hôtesses de cette nouvelle forme de syndicat d’initiative que l’on trouve dans ces villes où l’ennui risque de vous guetter si vous ne levez pas le nez au moins pour admirer l’architecture, furent admirables. Dégoter le symbole de ralliement comme on cherche un panneau indicateur du (haut ?) lieu repérable. Généralement on le localise sur Internet avant de partir. Ensuite, c’est pain béni. L’informateur dans la place vous indique l’incontournable, le droit chemin (rarement au pluriel).

L’essentiel ici ? Un sauna. Éros situé à 10 minutes à pied du centre-ville, autant dire à une volée de moineaux du bureau du maire. À part ça ? Rien ! Le patron du Berny’s café est bien gentil, mais son établissement doit être fréquenté par des égarés, ou des discrets. Je n’y ai rencontré personne. Je me suis contenté de me signer devant le drapeau arc-en-ciel posé dans un coin.
J’avais noté un night-club à quelques pas de mon hôtel, mais personne ne m’en a formulé du bien. J’ai donc pris la tangente pour me retrouver au Lagon à Reims. Cent bornes pour danser au son d’une bouillie musicale dont il paraît 

que c’est la meilleure de la région. Soit. Je n’y connais rien. Je m’abstiendrai par conséquent d’en dire plus. Cela dit l’ambiance y était jeune et délurée. Je vieillis. Quatre heures du matin, c’est le maximum.

Quoi d’autre ? Radio Latitude (95,8 FM) diffuse une émission LGBT du nom de Gay graffiti. J’attends toujours qu’ils rappellent le numéro que j’a

i laissé sur le répondeur… Heureusement, ce n’était pas urgent. Maintenant, c’est trop tard. Je suis rentré.

À présent, de retour, je suis surexcité. Il a fallu que je choisisse entre tourner en rond ou tourbillonner. Le week-end prochain, je m’enferme !

 

Lionel DUROI pour Gayvox.com
Son dernier roman : Le Kotoba
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Ma réponse :

Salut mon grand,

je viens de me balader sur GAYVOX (site que, je l’avoue, je ne visite pas souvent, ayant trop à faire avec celui de GAY GRAFFITI. Me pardonneras-tu ?)

Les responsables de la radio (LATITUDE) ne m’ont pas communiqué ton message. Il est vrai que notre directeur d’antenne (Mike) est très distrait et « oublie » souvent des trucs…. mais passons (je lui pardonne car il ne le fait vraiment pas exprès. Attention à 

Alzheimer toutefois) et venons-en au fait.

Je suis tombé sur ton édito. J’ai souris. J’ai souris et fairplay je l’ai copié/collé sur l’une des pages du site pour être sûr que le lien ne sera jamais 

cassé et ainsi archiver ce billet doux.

Même si je peux te comprendre, tu te doutes que je te trouve un tantinet dur avec les aubois et les troyens en particulier. Il est facile, très facile d’être pédé, une tante quoi, une belle et grande tarlouze à Paris ou dans de grandes villes comme Lyon, Marseille ou Bordeaux. Mais c’est un peu moins facile de s’assumer à Troyes où tout le monde se connait et encore bien plus difficile dans la campagne auboise environnante.

Pour t’en convaincre, lâche ton boulot et viens nous rejoindre. Nous avons besoin de gens comme toi, comme moi, qui nous assumons devant le regard incendiaire des voisins et amis de notre famille qui tend l’échine, rase les murs pour ne pas trop faire de vagues puisque nous en faisons bien assez pour elle. C’est avec des gens comme nous, visibles et assumés sans provoc ni prosélytisme que nous ferons avancer les choses… Je caresse l’espoir de pouvoir vivre un jour, une vie gay aussi riche en province qu’à Paris. Mais je t’entends soupirer : « Caresse, caresse mon grand, caresse … »

Quand aux bars, aux discothèques, bien des gays s’y sont essayé et cassé les dents (à défaut du cul)! A quoi bon s’investir, investir tant d’argent et de temps alors qu’on a Paris tout près qui aspire nos gays et leurs tunes comme la belle ogresse qu’elle est tout en offrant l’anonymat qui manque cruellement ici et que tu vis quotidiennement, allègrement. Et puis les gays qui ne partent pas sur Paris sont soit des cas sociaux soit des gens si volages et si peu fidèles à leur établissement qu’il vaut mieux s’adresser à une clientèle de maraîchers toujours au RdV les jours de marcher… Tu évoques le saunas ? Même là on trouve autant de gay que de girolles dans les bois au mois de février !

Alors oui, les tapettes du coin n’ont pas trop garnd choses à faire su

rtout si comme moi elles ont un peu passé l’age d’aller se trémousser le cul fashion-victimés sur un dancefloor qui, comme tous les dancefloors de province, ne diffuse plus que du R’n’B et autres niaiseries vomis par NRJ/FUN (et oui ! FG n’est pas dispo dans notre trou ! Tu le crois ça ?). Heureusement ! Dieu du Saint Gel soit loué ! Il nous reste le ciné (le multiplexe CINECITY) les soirées entre amis avec DvD à la rescousse, et les bouquins seuls vrais amis fidèles …

A propos tu écris ?

Je lis beaucoup et critique des bouquins pour le site GAY GRAFFITI ceci afin d’aider mes pauvres copines tapiolles à passer l’hiver et ses longues soirées dans les meilleures conditions possibles et être sûr ainsi de ne pas les retrouver déssechées, mortes de froid au fond de leur grand lit vides….

Pense à m’envoyer tes écrits… Ca m’occupera au lieu d’aller mes geler les couilles et salir mes chaussures de la boue des lieux de dragues situés, pour préserver l’anonymat et la discretion du père de famille qui a bien besoin d’une petite pipe après ses heures de boulot en quittant l’équipe de nuit sur le coup de cinq heure du mat’ et avant de regagner le foyer où l’attendent, sagement endormis, bobonne et les enfants…

Tu me trouves acide ?

 

Pas plus que ton édito car même s’il est en partie vrai, c’est pas vraiment cool de nous rappeler notre misère quand on est un nantis … Les pays riches ne se moquent pas du sud de la planète. Bien au contraire, au lieu de céder à la tentation facile de contriber à l’exode gay rurale, que proposent les Parisiens pour changer les choses ? C’est ça que j’ai envie de lire dans un édito de GAYVOX, TÊTU, et consor.

Allez, sans rancune (j’en suis incapable). Prends soins de toi, de la Capitale, de TON Marais chéri, de Pink TV et de FG.

Quand à moi, je retourne à mes bouquins avec, de temps en temps, un petit tour sur un lieux de drague histoire de m’aérer un peu pour le pas sentir le renfermé quand je débarquerais à Paris, c’est à dire, le week-end prochain…..

Cordialement

Jean-Gabriel pour « GAY GRAFFITI »

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