La Quatrième Révélation d’Olivier DELORME


la_quatrieme_revelation_delormeLa Quatrième Révélation d’Olivier DELORME – éditions H&O
– Passionné par la Grèce et son histoire, Olivier Delorme, auteur de La quatrième révélation, commence son roman dans ce pays et ses secrets. Julien Bergeret est un ancien juge d’instruction. Il a notamment dû s’occuper d’affaire de corruptions, de manipulation, etc, de la part de haut fonctionnaires de l’Etat. Ce qui lui vaut de vieille rancunes tenaces… à la suite de quoi le juge s’est « senti obligé » de démissionner.

Mais pour l’heure, Julien accompagné de son petit ami, le Bel-Hermes (Nikos de son vrai prénom), doit percer les mystères de ces manuscrits aux signes évocateurs. C’est la révélation lorsque Julien découvre la signification d une pure invention de Delorme… Bien joué M’sieur…J’ai cherché sur le Net et Nada !! Encore bravo d’éveiller en nous le goût de vérifier nos sources :o)..

 Bien écrit de sorte que ce roman reste facile à lire où qu’on soit (métro, plage, ou au pieu !) avec de temps à autre des moments de tendresse et même de-ci de-là une pointe d’humour. Il reste néanmoins terrible par moment voir insoutenable dans l’horeur et la sauvagerie d’un meutre de fiction qui rattrape la réalité …. A lire ABSOLUMENT !’une écriture cryptée. Une révélation sur la religion qui lui attireront des ennuis… jusqu’à son propre meutre….!!!

Le livre mêle théologie, politique et fiction en faisant référence à de nombreux sujets d’actualité (comme on peut le lire, comme un hommage rendu aux martyrs homosexuels page 260 ; extrait : « 

Qui étaient-ils ? Des homophobes ordinaires, comme ceux qui, dans la nuit du 4 au 5 avril 1998, ont brûlé au fer à repasser (12% de la surface de la peau) Patrick Olivier avant de le larder de coups de couteau au visage et partout sur le corps, avant de le laisser s’étouffer dans son sang ; comme ceux qui ont torturé et tué Alain Masle à Créteil le 9 avril 1999, battu à mort Jean Hardy le 4 juillet de la même année au Havre ou François Chenu, à Reims dans la nuit du 13 au 14 septembre 2002; comme ceux qui ont noyer Jean-Pierre Humblot à Nancy le 1er août 2003, ou tenté , Noeux les Mines, le 16 janvier 2004, de brûler vif Sébastien Nouchet, fidèles en cela à l’esprit de St Paul, comme au mode opératoire mis en oeuvre par ses héritiers spirituels depuis l’édit du Grand Empereur chrétien Théodose, en l’an 390 ?

Ou bien étaient-tils des assassins d’Etat dont la sauvagerie fut décuplée par la nature de la victime qu’on leur avait désignée ? De ceux qui, en d’autres temps, auraient jous à la vue d’un triangle rose dévoré vif par leurs chiens. »

Bien écrit de sorte que ce roman reste facile à lire où qu’on soit (métro, plage, ou au pieu !) avec de temps à autre des moments de tendresse et même de-ci de-là une pointe d’humour. Il reste néanmoins terrible par moment voir insoutenable dans l’horreur et la sauvagerie d’un meutre de fiction qui rattrape la réalité …. A lire ABSOLUMENT !



Lire ci-dessous ma conversation
avec Olivier Delorme

Olivier DelormeLa Quatrième Révélation) éditions H&O :

Jean-Gabriel :

Je viens de terminer ton roman « La quatrième Révélation » … Pppppfffiioouu ! Dur ! Y a des passages qui m’ont bouleversé, d’autres presque traumatisé ! En effet, j’ai beau être préparé à la violence homophobe (j’ai participé à bon nombre d’assos, de « conférences », je m’occupe de sites et d’une émission gay) c’est toujours dur de lire un récit les relatant.
Olivier Delorme : Des messages comme le tien me font très… « plaisir », n’est bien sûr pas le mot, mais ils me montrent que je n’ai pas trop raté ma cible.
J-G : Outre le fait de donner un côté « collant à l’actu », tu rends hommage permettant ainsi que leur nom soient imprimés à jamais quelque part et jamais ne s’effacent de la mémoire collective !!!
O D : Je me suis rendu compte en commençant à écrire ce livre, en me demandant pourquoi j’allais l’écrire, ce que je voulais qu’il soit, que, pour chacun de mes romans précédents, j’avais éprouvé, parmi d’autres motivations, la nécessité de rendre la parole, de rendre justice, de restituer une mémoire à des hommes qu’on en avait privé : les résistants grecs et les victimes de la dictature des Colonels dans mes deux premiers, les disparus de Chypre dans le troisième….
C’est alors que je signais à Bluebook ce Château du silence  (et l’érotique rigolo Les Dieux du vestiaire, puisque je suis également Patrick Denfer, dans lequel j’abordais notamment, sous une forme que je voulais légère, l’homophobie « ordinaire » de ceux qui, aussi, voilent et violent les filles), qu’un très proche ami m’a parlé du meurtre de Patrick Olivier. Et ce qu’il m’a raconté m’a tellement ému que je me suis dit qu’il était absolument nécessaire pour moi de parler du calvaire de ce garçon que je ne connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parler. Le « Oh non tout de même pas les yeux » d’un des tortionnaires, que je replace dans la bouche d’un des « miens », m’a bouleversé jusqu’au tréfonds de l’âme. Pourquoi ? Il était en tout cas devenu absolument indispensable que je parle de ce Patrick qui portait mon prénom comme nom, que je fasse tout ce qui était en mon pouvoir pour que le martyr de ce frère inconnu demeure inscrit quelque part, qu’il en soit conservé le souvenir dans des bibliothèques, que dans vingt  ans, cinquante, il reste une mémoire de l’ignominie dont lui avait été la victime.
J’ai alors commencé un travail de doc, trouvé la trace des autres martyrs que je cite. La trace… mais c’est, ni plus ni moins, celle que tu as trouvée : des sites internet militants, recensant des actes d’une rare violence. J’ai cherché dans la presse « généraliste », je n’ai rien découvert de plus précis. Et je me suis dit que c’était parfaitement logique : l’inconscient collectif chrétien est encore si fort que cette barbarie qui en est la fille ne peut être révélée dans sa cruauté parce que c’est la victime qui, pour cet inconscient-là, est  le vrai coupable. Même dans le cas Nouchet, on a vu à la première occasion revenir le refoulé au galop : et si la victime n’en était pas une ? et s’il s’était brûlé lui-même ?! Ce serait bien dans la nature perverse de ces gens-là. Pas de problème pour ouvrir le 20h00 sur les attouchement d’un monstre sur une petite fille… mais Olivier_Delormeavec les meurtres homophobes c’est autre affaire puisque, même torturé, même humilié, même charcuté, le monstre, au fond de l’homme moderne formé et déformé par deux mille ans de christianisme, c’est encore et toujours le pédé .
Et puis je me suis dit que, pour mon projet, ce n’était pas si « grave » de n’avoir rien de plus factuel, que c’était en quelque sorte une raison de plus, une légitimité de plus, que le romancier n’est pas un sociologue, qu’il allait falloir, pour moi, dire par l’écriture de fiction ce que l’écriture prétendue du vrai se refusait à révéler, inventer le vrai, celui que je ressentais : les agresseurs de ce type ne se contentent pas d’agresser ou de tuer, ils leur faut déchaîner leur violence brute, il leur faut humilier, faire souffrir l’innommable, torturer l’infâme, l’étouffer dans son sang immonde – comme le nazi le juif. Pourquoi ? Haine du juif, haine du pédé : deux créations du christianisme. Et dans les deux cas, c’est l’humanité de la victime qu’il s’agit de nier, conséquence directe de « l’enseignement » de Paul : « ceux-là méritent la mort », « le royaume des cieux leur est interdit ».

Quant au silence, c’est bien sûr une violence supplémentaire : on veut lapider une femme pour adultère au Nigeria, la planète se soulève ; on pend des pédés à Téhéran, ça n’intéresse personne. Et moi qui n’ai jamais été « militant » sinon de la liberté et de l’hédonisme, des libertés et des jouissances, j’ai soudain ressenti le besoin absolu, la nécessité d’ouvrir une brèche dans ce silence-là : citer leur nom, leur vrai nom au coeur d’une fiction, c’était leur restituer leur individualité, leur identité niée, leur éminente dignité d’homme.

J-G : C’est un peu ce que je fait ici avec ces pages qui leur sont consacrées et sur celle de « Gay Graffiti ». Permets-moi de te remercier de les avoir cité dans ton roman. Vraiment, merci pour eux ! Pour ma part, je constitue un gros dossier que je publie ici et sur le site de l’émission « Gay Graffiti » sur les horreurs de l’homophobie. Je suis à la recherche de documents qui ne laisserait pas ces noms tomber dans l’oubli.


Olivier delorme 2O D :
J’en reviens à l’ami d’un, avocat, qui préparait alors, comme défenseur de la partie civile (la famille), le procès des tortionnaires de PO. Il m’a transmis des éléments préparatoires à sa plaidoirie qui m’ont permis de réaliser toute l’étendue de l’horreur (la commissaire venue témoigner à la barre a avoué n’avoir jamais vu un cadavre dans cet état) , d' »inventer » « ma » scène du crime.
Lorsque l’affaire a été rejugée en appel, avant la sortie de mon bouquin, au printemps 2005 je crois, j’ai passé à mes amis le listing des journalistes que nous avions sollicités pour la sortie du Manuel de gayrilla. Ils ont tenté de faire passer l’info dans les medias. Silence absolu. Le martyr de Patrick Olivier n’intéressait personne. Personne. Pas même Têtu… (note de JG : c’est pour cela qu’on ne trouve absolument rien sur lui quand on fait des recherches sur Internet)
Je pense donc que mes amis pourront te transmettre au moins ce qu’il m’ont transmis et que, sur ce cas-là au moins, tu devrais recueillir ce dont tu as besoin pour ton dossier. Je n’ai malheureusement rien d’autre en ma possession. J’imagine cependant qu’Ex Aequo à Reims doit avoir un dossier très complet sur le meurtre et les agressions où ils ont été partie civile : et eux peuvent sans doute t’orienter vers les avocats qui ont plaidé dans les différentes assassinats que je cite.

J-G : Pour ce qui concerne Ex-Aequo, j’ai été (je le suis toujours d’une certaine manière) très proche de l’asso puisque j’ai été le président de la « Lesbian & Gay Pride de la Champagne ». Je me suis recueillis, au nom de tous les champardenais devant l’endroit où François Chenu à été tué, au parc Léo Lagrange de Reims. Je suis aussi proche de Couleurs Gaies (je suis membre de l’Inter-Centre LGBT), c’est dire si le meurtre de Jean-Pierre
Humblot a pu me toucher ! Mais j’ai appris pour Alain Masle et surtout : Olivier Patrick !

O D : Après la conversation avec mon C-L, cela fut aussi pour moi une question de pouvoir me regarder dans la glace… nous devons être de la même sorte de mec. Si je n’ai jamais été militant ça n’était nullement par rejet du militantisme… parce que je pensais dans les années 80, en sortant du placard, petit à petit, et de la honte et du rejet par ma mère, que l’essentiel avait été fait avec la dépénalisation.

Bien sûr il y a eu le Sida, j’ai donné à Aides, je me suis senti très proche d’Act Up. Aujourd’hui je sais aussi que cette analyse-là, comme mon refus pendant des années de me définir comme gay (face aux amis hétéros, au milieu professionnel) sous prétexte que j’étais gay et autre chose (ce qui est vrai), c’était encore de la culpabilité. C’est lorsque j’ai commencé à écrire que l’hypocrisie de ma position m’a sauté au nez. Et mes livres, chacun différemment, sont désormais ma manière de militer. A quoi cela sert-il d’écrire atrement?

Bien sûr que tu peux publier ma réponse! cela me ferait même rudement plaisir. J’en ai marre des articles comme celui d’une « certaine presse gay ».. un critique qui n’a pas même ouvert le livre qu’il chronique et a parcouru si vite la 4e ce couv qu’il l’a même comprise de travers!

olivier_delorme_ccatherine_helie-editions_gallimard_705x352webJG : « La Quatrième Révénation » de prime abord, elle ferait penser au « Da Vinci Code » si on se contente de lire la 4ème de couv’ ;o)

O D : Je n’ai pas lu le Code da Vinci ; j’ai commencé à écrire mon bouquin bien avant qu’il paraisse en France: l’idée était de se servir d’une tradition littéraire très ancienne, celle du manuscrit retrouvé, et d’utiliser le suspense, le mystère, le genre en question l’humour et l’ironie pour dire des choses sérieuses.

Si ce livre est en train de décoller (automne 2005 : meilleure vente aux mots à la Bouche, à Bluebook paris, à  Etat d’esprit Lyon, parmi les meilleures ventes du Virgin des Champs, retirage un mois après sa mise en place), c’est probablement à cause de cette forme attrayante, mais si le bouche à oreille se met à fonctionner, comme je crois que c’est en train de se faire, j’espère que ce sera à cause du fond.

En tout cas, merci encore pour ton courrier qui me va droit au coeur. Olivier

 Olivier DELORME le site de l’écrivain

La Quatrième Révélation d’Olivier DELORME – éditions H&O

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.