JUSTE UNE QUESTION D’AMOUR

justeunequestiondamourUn film de Christian FAURE, Avec Cyrille Thouvenin, Stephan Guerin Tillié, Eva Darlan…
ANTIPROD

Laurent, 23 ans et étudiant, partage son appartement avec sa meilleure amie. ca tombe bien : Laurent est homo, ses parents ne le savent pas et cette fille est sa caution et pour cause : son cousin Marc, lui aussi homosexuel, a été purement et simplement renié par la famille !

Tout va bien jusqu’au moment où Laurent décroche un stage chez Cedric, un agronome en quête d’un assistant. Tout va bien jusqu’à ce que Laurent tombe amoureux de Cédric !!!!

Emma (Éva Darlan), maman de Cédric et parlant à Laurent : Tu n’oses pas me regarder ? Regarde-moi Laurent. Je vais mettre les choses au point : il y a 11 ans, à l’enterrement du père de Cédric, on était là, Cédric et moi, et il m’a dit : « Maman je préfère les garçons », et il a ajouté une phrase terrible, il a dit: « C’est à prendre ou à laisser ». Moi je venais de perdre mon mari, c’était pas un saint mais je l’aimais, et j’étais pas prête à perdre mon mari et mon fils, alors j’ai accepté. Ça a été long, ça a été dur, je te dis ça parce que tu n’as pas besoin d’avoir peur de moi. Cédric m’a beaucoup appris : il m’a appris à aimer, il m’a appris à accepter…

Martine (Laurence César) maman de Laurent : Aime t-on nos enfants autant qu’on le prétend ?

France 2 a réussi ce coup médiatique en s’assurant une très bonne place dans les score d’audience avec la diffusion de ce téléfilm : 6,3 millions de téléspectateurs ont vu « Juste une question d’amour » le soir de sa diffusion soit 2ème sur l’échelle de l’audience de ce soir du 26 janier 2000 avec 28,6 % de part de marché.) Pas mal hein ? Ca se passe de tout commentaire. Alors … si vous ne l’avez pas encore vu c’est le moement de vous le procurer ! Un conseil, achetez-le, volez-le, mais gardez-le dans votre vidéothèque !

 

justeunequestiondamour3Pour mémoire : En France, la répression envers les homosexuels naît véritablement avec le Christianisme. Jusqu’à la révolution française, le comportement sexuel des individus était d’ailleurs l’affaire des tribunaux religieux. Quand ils furent abolis en 1791, l’homosexualité fut de fait décriminalisée. Les auteurs du code Napoléon en 1810, et plus probablement Cambacérès lui-même homosexuel, décidèrent de ne pas créer de loi condamnant l’homosexualité, bravant beaucoup d’officiels du régime qui considèrent l’homosexualité « contre-nature ». La majorité sexuelle reste cependant source de discrimination : elle est fixée à quinze ans pour les hétérosexuels et à dix-huit pour les homosexuels. Et la notion « d’atteinte publique à la pudeur » présente dans le code a été souvent utilisée pour réprimer l’homosexualité.

Dans notre pays, la répression de l’homosexualité dans la loi reprend avec le régime de Vichy. Une ordonnance du 6 août 1942 prévoit que « sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende […] quiconque aura […] pour satisfaire ses propres passions, commis un ou plusieurs actes impudiques ou contre-nature avec un mineur de son sexe âgé de moins de vingt et un ans ».

De 1940 à 1944, des milliers d’homosexuels seront livrés à la Gestapo sur la foi de fichiers illégaux de la police française. Ils seront expulsés, torturés, violés et/ou déportés. Selon la Fondation pour la mémoire de la déportation, deux cent dix Français auraient été déportés par les nazis en raison de leur homosexualité, principalement dans l’Est de la France, dans l’Alsace et la Moselle devenues provinces allemandes. Ces arrestations s’appuyaient sur le paragraphe 175 du code pénal allemand condamnant de trois à cinq ans de prison la sexualité entre hommes.

Rappelons le discours du chef nazi Himmler sur l’homosexualité prononcé le 18 février 1937 : « Si j’admets qu’il y a un à deux millions d’homosexuels, cela signifie que 7 à 8 % ou 10 % des hommes sont homosexuels. Et si la situation ne change pas, cela signifie que notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse. À long terme, aucun peuple ne pourrait résister à une telle perturbation de sa vie et de son équilibre sexuel […] Un peuple de race noble qui a très peu d’enfants possède un billet pour l’au-delà : il n’aura plus aucune importance dans cinquante ou cent ans, et dans deux cents ou cinq cents ans, il sera mort […] L’homosexualité fait échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement ; elle détruit l’État dans ses fondements. Nous devons comprendre que si ce vice continue à se répandre en Allemagne sans que nous puissions le combattre, ce sera la fin de l’Allemagne, la fin du monde germanique ». Le 16 novembre 1940, il ordonne : « II faut abattre cette peste par la mort. »

Selon le United States Holocaust Memorial de Washington, 90 00 à 100 000 homosexuels ont été arrêtés entre 1933 et 1945. 10 000 à 15 000 d’entre eux ont péri dans l’univers concentrationnaire nazi.

Juifs, handicapés mentaux, tsiganes, asociaux, aveugles… et homosexuels ont été déportés dans les camps de concentration. La déportation au triangle rose est, pendant très longtemps, restée occultée, notamment à cause des lois en vigueur qui continuaient de pénaliser l’homosexualité en France (jusqu’en 1981) et dans de nombreux pays. Une page méconnue que tentent d’explorer le scénariste Pascal Fontanille et le producteur François Aramburu dans la première fiction consacrée au sujet.

En France, à la Libération, une ordonnance de 1945 reprend pratiquement les mêmes termes que l’ordonnance de Vichy. De plus, des adolescents de même sexe ayant des rapports librement consentis entre eux peuvent être poursuivis pour « attentat à la pudeur » ou encore pour « coups et blessures réciproques ». La Libération est finalement un vain mot pour bon nombre d’homosexuels qui ont été le seul groupe à qui a été déniée toute reconnaissance ou réparation à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une fois libérés des camps, certains homosexuels ont même été remis en prison pour débauche.

En 1960, une loi ajoute la circonstance aggravante d’homosexualité en matière d’outrage à la pudeur. Cet alinéa ne sera supprimé qu’en 1980. Toujours en 1960, l’amendement Miguet assimile l’homosexualité à un « fléau social » au même titre que l’alcoolisme et la prostitution. En cas de condamnation pour homosexualité, cette condamnation sera inscrite pendant cinq ans au casier judiciaire.

En 1968, la France adopte la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé déclarant l’homosexualité maladie mentale. Il faudra attendre 1985 pour que l’homosexualité soit retirée du manuel diagnostique et statistique des maladies mentales.

1982 : 27 juillet Sur une proposition de ministre de la Justice, Robert Badinter, l’Assemblée Nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité. Avec l’abrogation de l’article 332-1 du code pénal, l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit. En France, ce n’est que le 4 août 1982, avec l’arrivée des Socialistes au pouvoir, que l’homosexualité sera dépénalisée.

justeunequestiondamour2Cette dépénalisation s’était faite en deux étapes, sur le plan législatif.

Le 31 juillet 1981 était d’abord votée une loi d’amnistie : celle-ci prévoyait d’amnistier les homosexuels auteurs d’outrages publics à la pudeur (pour lesquels l’homosexualité constituait une circonstance aggravante selon l’article 330-2 du code pénal) et ceux condamné en vigueur de l’article 331-2 qui fixait la majorité sexuelle à 18 ans pour les relations homosexuelles, contre 15 ans pour les relations hétérosexuelles : au nom du groupe socialiste, Raymond Forni avait soutenu ces dispositions férocement combattues par la droite.

Puis le 27 juillet 1982, une loi abrogeant ces deux articles du code pénal mit définitivement fin au traitement pénal discriminatoire des homosexuels. Là aussi, Raymond Forni était à la manoeuvre à l’Assemblée nationale, pour batailler contre une droite déchaînée et hystérique : cette proposition de loi, qu’il a défendue avec Gisèle Halimi, porta alors son nom. Sachons en garder le souvenir.

Elle sera retirée de la liste des maladies mentales de l’OMS. (Organisation Mondiale de la Santé) neuf ans plus tard, en 1991 par tous les états signataires de la Charte de L’OMS.

Pour en savoir plus, lire cet article complet sur Planete Famille

La dépénalisation de l’homosexualité est un mouvement des droits de l’homme visant à empêcher toute forme de pénalisation des pratiques homosexuelles ou de l’orientation homosexuelle ou encore de l’identité de genre.

Le 17 novembre 2006, soit 6 mois avant la 3e journée mondiale de lutte contre l’homophobie, le comité IDAHO, lance une pétition internationale « Pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité ». Pour Louis-Georges Tin, président du comité « aujourd’hui encore, plus de 70 pays condamnent l’homosexualité, “crime” passible de la peine de mort dans une dizaine d’États. Cette pétition adressée aux Nations unies aboutira à une résolution, qui devrait être débattue ensuite au sein du Conseil des droits de l’homme ». La pétition a déjà rassemblé de nombreuses associations et personnalités internationales avant d’être reprise.

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