Homo-ghetto Gays et lesbiennes dans les cités : les clandestins de la République de Franck CHAUMONT

homo-ghettoIls s’appellent Nadir, Sébastien, Dialo, Nadia… Ils sont blacks, blancs ou beurs. Certains rasent les murs, le regard fuyant. D’autres se la jouent viril et vont même jusqu’à casser du pédé à l’occasion. Mais tous ont en commun le mensonge et la schizophrénie liés à leur double vie et à la peur d’être démasqués.
Ce sont les homos des cités.

Pour obtenir leurs témoignages, il a fallu deux années d’enquête à Franck Chaumont. Deux ans de rendez-vous manqués, de téléphone raccroché au nez, d’attentes vaines dans des bars ou des gares… Car, en parlant, ils risquaient tout. Leur honneur, bien sûr. Mais aussi leur vie.

Si certains ont osé, c’est dans l’espoir que nous sachions… Que les politiques, les citoyens, les notabilités homosexuelles dans les centres-villes sachent qu’à deux ou trois stations de RER, la République française a abandonné certains de ses enfants : être un garçon ou une fille homo dans les cités de France est un crime passible des pires châtiments.

Les gays et lesbiennes des cités ghettos de France sont aujourd’hui les clandestins de notre République !

Au-delà du cri de détresse d’une population souvent exclue, victime du chômage et des discriminations, ce livre dresse un portrait terrifiant de nos banlieues gangrenées par la misère sociale, éducative, affective et sexuelle.

Wouah ! DUR ! On est loin d’imaginer des técis aussi hards que celles décrites dans ce bouquin ! OK il existe dans toute les villes des tiéquars où il ne fait pas bon être homos, mais là, c’est pire que ça !… Mais il existent aussi des villes où il y a encore de l’espoir, où à défaut d’y vivre bien, on y vit pas trop mal ..

Perso, y a un passage qui m’a beaucoup plus dans cet ovrage car porteur de valeurs nobles et surtout d’une grande tolérance. Ce sont les propos tenu par Sohieb Bencheikh (ancien grand mufti de Marseille et aujourd’hui directeur de l’Institut Supérieur de Réflexion et d’Action Islamique) et rapporté dans cet ouvrage. Je cite  : 

« Le Coran n’interdit rien, dit-il. Il oriente ou exhorte seulement, car le législateur n’a aucun droit de regard sur le lit des gens. Que ce soit le législateur de la loi positive ou le religieux, la sexualité est une question strictement personnelle. La seule recommandation précise que l’on trouve est faite par Loth, le neveu d’Abraham, qui dit aux habitants de Sodome: « Pourquoi ne pas épouser les filles? Cela sera plus pur que d’aller avec des garçons. » L’animosité des musulmans envers l’homosexualité n’est pas une originalité coranique, c’est simple­ment la poursuite naturelle de la Bible hébraïque et du Nouveau Testament. On trouve une véritable condamnation de l’homosexualité dans la Bible, dans les Épîtres de Saint-Paul, dans le Nouveau Testament et dans le Talmud.»

Soheib Bencheikh rejoint tout à fait le raisonne­ment de la mère de Brahim: «L’homosexualité en tant qu’état et non acte sexuel est soit innée, soit acquise. Si l’on admet qu’elle est innée, quelle est en ce cas la responsabilité de l’homosexuel devant la société ou devant Dieu? Dieu ne peut pas prescrire l’égarement de l’égaré et l’interroger le Jour dernier sur cet égarement. Si elle n’est pas innée, elle serait acquise pendant l’enfance, ce qui semble le plus logique selon les écoles psychanalytiques. Dans ce cas, l’enfant n’a aucune responsabilité, dans la loi religieuse. Pour moi, en tant que religieux, l’homo­sexualité ne réduit en rien la valeur du croyant.»

Quant aux justifications religieuses dont se pare l’homophobie des cités, l’ancien mufti de Marseille ne mâche pas ses mots: «Dans les cités, nos jeunes caïds confondent volontiers les us et coutumes des sociétés méditerranéennes, très machistes avec la religion. On écrase souvent la fille en faveur du garçon et le tout au nom de l’islam. Il ne s’agit là que de sexisme fabriqué par les hommes et pour les hommes : l’homophobie est injustement imputée – par ignorance – à l’islam. »

Alors, que penser des imams qui proscrivent l’homosexualité, à l’image de ceux que Nadir a rencontrés dans sa jeunesse ? La réponse fuse, sans appel : «Il ne faut pas suivre ce que disent la plupart des imams en France car c’est une catastrophe. L’imamat est devenu le métier de ceux qui ne trouvent jamais de métier. Ils sont souvent les plus ignorants et les plus rigoristes, pour cacher leur incompétence. »

Connu pour ses positions libérales, Soheib Bencheikh reçoit de nombreuses lettres, de véritables appels au secours, émanant de jeunes homosexuels qui pensent être en contravention avec leur sentiment religieux et leur famille: « Je dis aux jeunes de ne nourrir aucune culpabilité. La culpabilité et la culpabilisation sont contraires à l’islam. Nous ne sommes pas dans l’Église. L’islam n’a aucun prêtre ni juge-gendarme qui qualifie les actes des autres. »

Voici un passage réconfortant ! Comme je me le suis souvent dit, une religion digne de ce nom, n’est pas faite pour faire peur, détruire ou tuer ou enseigner la haine de l’autre. Bien au contraire, une religion doit enseigner l’amour de son prochain, le pardon, la construction, le respect, la tolérance et l’acceptation des différences de chacun, l’avancement et/ou l’élévation de soi… Ce que dit va dans ce sens .. Quand à l’ouvrage de Frank Chaumont, outre le fait de rappeler ces valeurs-ci à tout ceux qui « oublieraient » leur mission, rallume la flamme de l’espoir chez ceux qui l’auraient vu s’éteindre… Merci à Frank pour ce formidable travail.

 

L’auteur :  Franck Chaumont a été journaliste à Beur FM puis RFI avant de diriger la communication du mouvement Ni putes ni soumises jusqu’en 2007.

le blog de :  Soheib Bencheikh

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.