Aimer …

Aimer …

Pourquoi ce mot est-il toujours accompagné de souffrance ?

Aimer quand on a dépassé la cinquantaine c’est se fourrer dans de sales draps.

Pourquoi, à plus de cinquante ans, ce sentiment est-il capable du meilleur comme du pire ?

Il ne suffit pas d’aimer quelqu’un pour être aux anges.

Aimer, c’est s’ouvrir aux coups bas de la vie.

Aimer, c’est s’exposer aux pires blessures.

Aimer, c’est choisir de voir son âme, son cœur et sa vie mourir un peu.

On ne choisit pas d’aimer quelqu’un, pas plus qu’on ne choisit pas de ne plus l’aimer.

Ça vous tombe dessus sans que vous n’y prêtiez attention.

L’amour ne sert à rien. A rien ?

Qui a dit cela ?

Quand l’amour s’abat sur vous, votre regard sur les choses et sur les gens change.

On n’est plus le même quand on aime.

La vie vous semble douce. Tout vous semble vous sourire.

Vous vous sentez pousser des ailes. Même les montagnes ne pourraient vous arrêter. Vous vous sentez capable de tout et surtout, un sentiment d’immortalité vous envahit. Vous êtes le Roi du Monde. Vous nagez dans la plénitude. La volupté est votre lit et vous vous drapez dans l’allegresse…

Mais l’Amour n’existe pas sans ses deux compagnons de fortune.

Le hasard et la vie.

La vie et le hasard.

La vie, elle, est une grande salope. Elle s’empresse de vous reprendre ce qu’elle vous a donné. Rien n’est gratuit avec elle. Quant au hasard, lui, c’est un vaste fumiste qui joue avec vous comme on joue au Monopoly où le dé, c’est vous !

Avec la Vie et le Hasard, rien ne marche comme vous le voudriez.

L’une prend plaisir à vous faire attendre des années un bonheur légitime, l’autre se fout de vous et de votre avenir comme de sa première grenouillère.

Quand l’Amour met sur votre chemin celui ou celle qui vous rendrait enfin heureux, ses compères s’empressent de vous fichent des bâtons dans vos roues.

Aimer …

Pourquoi ce mot est-il toujours accompagné de souffrance ?

Aimer quand on a dépassé la cinquantaine c’est se fourrer dans de sales draps.

Pourquoi, à plus de cinquante ans, ce sentiment est-il capable du meilleur comme du pire ?

A cinquante ans on a fait sa vie. La grande majorité des quinquas possède un bon boulot et par les temps qui courent mieux vaut le garder. Souvent l’on possède un appartement dont on est propriétaire. Enfin, rarement mais cela arrive, on partage cet appartement avec un ou une ex dont on n’arrive pas à se séparer pour diverses raisons la plus fréquente étant le sacro sait « pour ne pas vivre seul ». Et c’est ainsi qu’à plus de cinquante ans, on se trouve enfermé dans une vie trop étroite comme une sorte de cellule dans une prison dorée. Le pire c’est qu’on s’y complait tout à son confort relatif. Une sorte de demi-sommeil s’est installé au fil du temps qui a anesthésié vos sentiments. La vie coule comme un long fleuve tranquille et les années passent sans crier « gare ! ».

Et c’est là qu’entre en scène le Hasard. Ce fripon s’arrange pour vous faire croiser le chemin de celui ou celle dont vous tomberez amoureux. Et là, votre vie vous semble fade. Un arrière-goût de ratage vous envahit. Vous avez envie de foncer, de tout casser, de tout abandonner et tout recommencer. Les mots de René Char résonnent dans votre tête «Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » Vous voici prêt à tout (surtout tout oublier de ce dont est construit votre vie jusqu’à ce jour) pour vivre ce nouvel Amour qui se présente à vous si soudainement mais si prometteur… Et d’élaborer des vacances de rêves sous des cieux enchanteurs, et d’échafauder des projets de vie idylliques, et de se vautrer dans des illusions de bonheur … Mais la Vie, elle, ne l’entend pas de cette oreille.

Vous souvenez-vous que vous n’êtes pas seul ? Vous rappelez-vous que vous vivez toujours avec votre « ex » ? Avez-vous vraiment oublié que vous trimballez cette vieille casserole qui vous allait bien quand vous étiez seul, vous procurant un confort affectif illusoire ? Avez-vous pensé qu’un jour cette casserole se changerait en un énorme boulet à la patte ?

Aimer …

Pourquoi ce mot est-il toujours accompagné de souffrance ?

Aimer quand on a dépassé la cinquantaine c’est se fourrer dans de sales draps.

Pourquoi, à plus de cinquante ans, ce sentiment est-il capable du meilleur comme du pire ?

Bien sûr, on peut décider du jour au lendemain de faire table rase de tout ce passé embarrassant pour aller de l’avant. Mais combien le font-ils ? Rares sont ceux qui ont assez de crans pour renoncer à tout par Amour… En revanche, trop nombreux sont ceux qui s’accommodent de leur double vie faisant patienter l’être cher en lui servant la phrase qui tue « C’est pas le bon moment, le contexte (la conjoncture, mon ex… ou tout autre paramètres fallacieux) ne sont pas favorables pour l’instant à ça. Je ne peux tout quitter comme ça. Nous devons patienter. Un jour, tu verras, nous serons réunis…. » Et c’est ainsi que bon nombre d’amants, de maîtresse, vivent seuls, triste, désespérés même tout en devant se contenter des miettes que vous voudrez bien leur donner et ce, en toute bonne foi certes mais simplement surtout parce que vous n’avez pas assez de courage pour vous approprier cette phrase si belle qui chante encore à vos oreilles.

Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? La vie est une salope ? Elle s’amuse de vous et de votre Amour ?

Aimer …

Pourquoi ce mot est-il toujours accompagné de souffrance ?

Aimer quand on a dépassé la cinquantaine c’est se fourrer dans de sales draps.

Pourquoi, à plus de cinquante ans, ce sentiment est-il capable du meilleur comme du pire ?

Et de vous dire qu’on fait pas de qu’on veut et surtout plus à plus de cinquante ans. Que nous ne sommes plus des enfants. Que les rêves sont bons pour les poètes et que nous devons garder les pieds sur terre. Que l’on risque gros en renversant cette table que l’on a patiemment dressée. A quoi bon … après tout on est bien comme ça … pourquoi vouloir tout foutre en l’air … on a la chance de s’être trouvé et de s’aimer par-dessus le marché, c’est déjà bien non ? pourquoi foutre un coup de pied dans cette fourmilière qui n’a rien demandé ? Quant à l’être aimé, que veut-il de plus ? Pourquoi en voudrait-il plus ? Ne peut-il pas nous comprendre nous qui sommes coincé et qui n’y pouvons finalement rien ?

Mais quel toupet que de penser ça !

Avez-vous pensé à ce qu’est devenue la vie de celui ou celle qui est entré dans votre vie mal rangée ? Vous demandez-vous à quoi ressemble sa vie quand vous êtes rentré chez vous auprès de votre « ex » ? Êtes-vous capable d’empathie pour ressentir la souffrance de celle ou celui qui vous aime ?

Avez-vous ne serait-ce qu’une vague idée de l’état dans lequel se trouve son cœur quand il/elle vous raccompagne sur le quai de la gare pour au minimum une semaine de séparation ? Savez-vous ce qu’est sa vie après votre départ, quand s’abat sur l’appartement ce grand vide indescriptible ? Demandez-vous ce qui lui passe par la tête quand le soir après la journée de boulot, il/elle rentre seul chez lui et dîne d’un rien devant une télé qui lui raconte des choses qu’il n’écoute plus depuis que vous faites partie de sa vie ? Posez-vous la question de savoir si sa compagne, la solitude, ne lui est tout simplement pas devenue insupportable ?

Décidément, la vie est une salope et son copain, le hasard, un fieffé connard.

Et avec cette phrase on s’excuse de tout. C’est pas de votre faute si ces deux compères ne font rien d’autre que de brouiller les cartes. Vous n’y êtes pour rien, c’est la vie qui est faite ainsi. Vous n’y pouvez rien, c’est ainsi, rien ne changera, on n’y peut rien changer…

Aimer …

Pourquoi ce mot est-il toujours accompagné de souffrance ?

Aimer quand on a dépassé la cinquantaine c’est se fourrer dans de sales draps.

Pourquoi, à plus de cinquante ans, ce sentiment est-il capable du meilleur comme du pire ?

A force de tirer sur la corde à la fin elle casse.

La patience a elle aussi ses limites.

Et l’Amour fini, lui aussi, par s’user si on ne l’entretient pas.

Un jour la fatigue s’empare doucement de l’être aimé.

Il finit par être las de souffrir.

Bien qu’il parle, qu’il vous dit combien tout ça lui pèse. Au bout d’un temps, quelques années, votre ritournelle « C’est pas le bon moment, le contexte (la conjoncture, mon ex… ou tout autre paramètres fallacieux) ne sont pas favorables pour l’instant à ça. Je ne peux tout quitter comme ça. Nous devons patienter. Un jour, tu verras, nous serons réunis…. », finit par raisonner comme un vieux vinyl rayé. L’être aimé, lassé, fini par mettre fin à votre histoire. Et vous de lui dire que finalement ça vaut mieux, que vous n’y pouvez rien, que votre vie est établie et que vous n’avez pas le contrôle sur elle, qu’elle est ainsi faite et que vous acceptez cette fatalité en lui demandant d’en faire autant.

Face à ce gâchis, meurtri, l’être aimé et qui n’a jamais cessé de vous aimer, doit à son tour se résigner à tuer l’amour qu’il vous porte ceci afin de se protéger lui-même.

Aimer …

Pourquoi ce mot est-il toujours accompagné de souffrance ?

Aimer quand on a dépassé la cinquantaine c’est se fourrer dans de sales draps.

Pourquoi, à plus de cinquante ans, ce sentiment est-il capable du meilleur comme du pire ?

A plus de cinquante ans, il ne reste plus qu’à se construire des remparts solides, monter ses murailles le plus haut et les plus épaisses possible pour cacher son cœur derrière et ne plus jamais au grand jamais le sortir de sa cachette.

Aimer ?

Pour quoi faire ?

Souffrir c’est se rappeler qu’on est vivant disait quelqu’un…

A cela je réponds : pas obligé non plus d’être maso….

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